Après 20 mois de travaux, le nouveau centre aquatique Origami de Rillieux-la-Pape (69) a été inauguré début octobre. C’est un projet conçu dans le cadre d’une Société d’Economie Mixte à Opération Unique, une première en France pour ce type d’établissement.

Depuis 2014, Rillieux-la-Pape, ville de la banlieue lyonnaise de plus de 30 000 habitants, connaît une grande métamorphose urbaine : une part significative de logements est en cours de rénovation et plusieurs programmes immobiliers se construisent, tout comme divers équipements structurants. Le dernier en date est le centre aquatique, même si initialement il n’était pas prévu dans le plan de mandat, comme l’indique Alexandre Vincendet, maire de la Ville : “Alors que je venais d’être élu, on m’a informé de la fragilité structurelle de la piscine construite en 1976, notamment les bassins qui menaçaient de se fissurer entraînant une fermeture du bâtiment. Les travaux ont été chiffrés à 8 millions d’euros, sans apporter de service supplémentaire aux usagers, et l’audit du bâtiment a montré des consommations énergétiques trois à quatre fois plus importantes qu’une piscine classique, le tout pour un déficit annuel d’environ un million d’euros… Nous avons donc décidé de nous renseigner afin de trouver un montage financier possible pour construire une nouvelle piscine alors que le projet n’était pas prévu”.

Le choix de la SEMOP
La Société d’Economie Mixte à Opération Unique (SEMOP) est un nouvel outil à disposition des collectivités locales pour la gestion des services publics locaux et constitue une forme de sociétés à capitaux mixtes. La SEMOP permet de gérer tant un marché public qu’une délégation de service public (DSP) ou qu’une concession. Constituée en 2017, la SEMOP du Loup Pendu a été créée par la Ville de Rillieux-la-Pape et la société Opalia à l’issue d’une procédure de mise en concurrence pour la construction, la gestion et l’exploitation du nouveau centre aquatique. “Cette solution permet de lisser l’investissement sur les 25 années du contrat, avec la mise en place d’une relation de partenaire à partenaire. En effet, en tant que président du conseil d’administration je dispose d’une minorité de blocage, la Ville garde donc la main sur la gestion, notamment vis-à-vis des créneaux mis à disposition des clubs et des scolaires. De son côté, le partenaire privé nous apporte son expérience pour optimiser la gestion de l’établissement” argumente Alexandre Vincendet. Et Jérôme Netter, directeur général de la SEMOP d’ajouter : “la partie administrative est un peu plus compliquée puisqu’il est nécessaire de créer les statuts de la société avec la Ville, en parallèle du contrat de concession. Mais, pour la suite, la relation est beaucoup plus simple, avec un objectif commun : assurer au mieux le service proposé tout en optimisant la gestion de la structure. Le dialogue est permanent avec un conseil d’administration qui se réunit deux fois par an”. Chaque année, l’investissement représente pour la collectivité un coût de 750 000 euros TTC et la subvention de fonctionnement sera comprise entre 600 et 650 000 euros TTC lorsque le centre aquatique aura trouvé son “rythme de croisière”, soit plus de 350 000 euros d’économie par an de fonctionnement. La SEMOP du Loup Pendu a choisi de confier la réalisation de ce projet à l’entreprise Demathieu Bard Immobilier via un contrat de promotion immobilière. Les travaux ont été réalisés dans le cadre d’un contrat de conception-réalisation par un groupement mené par BLB Constructions (filiale de Demathieu Bard Immobilier) et composé notamment de l’agence d’architectes Chabanne.

Environ 900 m2 de plan d’eau
Le centre aquatique Origami (référence à sa toiture évoquant les origamis) comprend quatre bassins : un de 25 m (8 lignes d’eau) permettant l’organisation de compétitions de natation et de water-polo, un d’apprentissage et d’activités aquatiques de 225 m2, un bassin ludique avec banquettes et jets massants de 180 m2 et une pataugeoire de 75 m2. Un espace de remise en forme de 250 m2 complète l’offre intérieure, avec deux saunas, un hammam et deux spas.

L’espace extérieur offre aux usagers plus de 4 000 m2 d’espaces verts agrémentés d’un pentagliss de 3 pistes et d’un splashpad pour les enfants. “Après la démolition de l’ancienne piscine, une terrasse en bois sera réalisée dans le prolongement de l’espace remise en forme, ainsi qu’un jardin japonais afin de séparer cette terrasse, servant de lieu de repos, du reste des espaces verts, davantage bruyants” ajoute David Obozil, directeur du centre aquatique. L’ensemble de ces infrastructures va permettre d’accueillir une fréquentation maximale instantanée de 900 personnes. L’objectif est de comptabiliser environ
300 000 entrées par an dont environ 200 000 “grand public”, 60 000 élèves primaires et 9 000 collégiens.

Activités : atteindre les 1 000 abonnés d’ici 1,5 an
Concernant les activités, chaque semaine, une trentaine de créneaux sont proposés, principalement les bébés nageurs, l’aquagym (avec différents niveaux d’intensité), de l’aquacycling (12 à 14 euros la séance et 108 à 126 euros les 10). Pour ces derniers, le centre aquatique a investi dans 16 vélos et devrait en acheter davantage car les cours sont déjà complets. Début novembre, le nombre d’abonnés aux activités était de 270, l’objectif est d’atteindre les 500 en janvier et 1 000 d’ici un an et demi.

De plus, l’établissement propose un pass aquaforme à 34,85 euros/mois comprenant l’accès à l’espace aquatique ainsi que 3 cours d’aquagym. De son côté, le club de natation (1 100 adhérents) gère en direct les activités jardin aquatique, école et cours de natation, et les compétitions de natation, de natation synchronisée et de water-polo.

Simplifier l’accès à l’établissement et sa gestion
David Obozil dirige une équipe de 24 personnes (soit 20 Equivalents temps plein) : 8 maîtres-nageurs, 4 BNSSA, 4 agents d’accueil, 6 agents d’entretien, 1 responsable technique et 1 assistante administrative. “Le profil des agents d’accueil a bien évolué ces dernières années : ce ne sont plus de simples hôtesses ou hôtes de caisse mais bien des vendeuses ou vendeurs. Ils doivent être de vraies forces de vente et consacrer uniquement leur travail à cette mission et non à l’encaissement. C’est pourquoi, nous avons investi dans une borne interactive avec un monnayeur automatique afin que les clients achètent directement leurs prestations. Ce système permet de gagner du temps et de réduire les files d’attente, tout en sécurisant et facilitant le travail des agents. De plus, les usagers peuvent également effectuer leurs achats sur internet et scanner le QR code grâce à leur téléphone pour entrer dans l’établissement” décrit le directeur du site.

Ce nouveau centre aquatique est un parfait exemple de collaboration entre le public et le privé, avec un budget et une durée de travaux maîtrisés. Un investissement qui devrait permettre d’attirer de nouveau les amateurs de natation qui s’étaient dirigés vers d’autres établissements dans les villes voisines.

Le parti architectural
L’agence TNA a souhaité moderniser l’écriture architecturale d’origine, tout en gardant l’aspect général, comme l’indique l’architecte Thierry Nabères : “réalisée lors de la période des mille piscines, la piscine olympique se démarque par la maturité de son architecture très épurée. Face à un tel enjeu, nous nous sommes positionnés dans une posture de “respect créatif”. En effet, notre envie a été de prolonger le geste initial, lui donner une nouvelle profondeur, en l’accompagnant d’un nouveau souffle de modernité.
C’est dans cette optique que nous avons choisi de travailler essentiellement sur l’axe principal Nord-Sud de l’équipement, celui de la grande longueur, pour poursuivre et prolonger l’existant. Notre projet fait la part belle à la lumière que nous continuerons de diffuser largement en créant quelques nouvelles ouvertures en toiture, et un espace de remise en forme transparent
”.

Une gestion partagée pour optimiser l’investissement

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