Projet étudié depuis de nombreuses années, la construction d’une piscine olympique au sein du territoire de la métropole lilloise avance progressivement. Les élus ont défini le programme, les montages contractuels ou encore l’enveloppe financière.

© Max Lerouge
Suite à la mise en place du plan piscine de la Métropole Européenne de Lille en 2005, 4 piscines neuves ont été réalisées et 7 ont fait l’objet de réhabilitations complètes.

Depuis 2002, Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), devenue désormais Métropole Européenne de Lille (MEL) dispose de la compétence sport. Concernant les piscines, les élus avaient identifié deux niveaux d’intervention : le réseau d’équipements existants et la volonté de construire une piscine olympique. Un premier projet de création d’un bassin de 50 m à Tourcoing avait été étudié sans aboutir. “Après son élection en 2014, Damien Castelain, le président de la Métropole Européenne de Lille, a relancé le projet et consulté les communes du territoire. Un accord a été trouvé avec la Ville de Lille, qui avait précédemment renoncé à rénover sa piscine Marx Dormoy, pourtant saturée par les clubs et les nageurs loisirs, tout en étant vétuste” explique Grégory Delsalle, responsable de l’unité fonctionnelle projets des équipements sportifs de la MEL.

Un marché public global de performance

© Vincent Lecigne
La future piscine olympique aura une triple vocation (locale, nationale et internationale)
afin de compléter l’offre proposée par les 27 piscines gérées par les communes ou syndicats intercommunaux.

Un marché public global de performance, englobant la conception, la construction, l’exploitation technique et la maintenance, a été lancé mi-novembre 2017. “Après avoir analysé les différents montages, les élus ont choisi la procédure de marché public global de performance afin de profiter de l’intelligence collective des sociétés et de réduire au maximum les aléas, en sécurisant la procédure, les délais et donc les coûts” précise Grégory Delsalle. Ne souhaitant pas perdre la main sur la gestion de l’équipement durant plusieurs années, la collectivité a décidé de ne pas inclure la concession dans cette procédure. Toutefois, elle se devait de faire à appel un délégataire de service public pour l’exploitation commerciale de la future piscine.

L’année 2018 devrait permettre de choisir le lauréat au terme d’un dialogue compétitif pour lequel les candidats seront sélectionnés en début d’année. L’investissement sera de l’ordre de 50 millions d’euros HT : après déduction de toutes subventions à obtenir (CNDS, Région, Département…), la MEL et la Ville de Lille devraient participer à parts égales au financement de cet équipement (pour 15 millions d’euros chacune).

Un équipement à vocation locale, nationale et internationale

A l’échelle locale, le futur centre aquatique garantira l’accueil des scolaires afin de favoriser l’apprentissage de la natation, conformément aux objectifs du plan piscines (voir encadré) et celui des associations et des clubs lillois. De plus, il proposera à tous les métropolitains une offre variée et moderne d’activités aquatiques, s’adressant à un public intergénérationnel, tout en répondant à une demande croissante autour de la natation sportive et du sport santé.

“L’établissement soutiendra également le développement des clubs de haut-niveau de la Métropole, comme ceux du waterpolo féminin avec le LUC water-polo et masculin avec les Enfants de Neptune Lille métropole, qui deviendront résidents. L’objectif est aussi de faire grandir le projet d’un grand club de natation autour du Lille Métropole Natation” indique Grégory Delsalle.

Enfin, la structure permettra d’accueillir de grandes compétitions, en répondant aux cahiers des charges pour l’organisation de championnats de France en petit et grand bassin, et des championnats d’Europe en petit bassin. La piscine olympique pourra servir de base arrière dans l’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Cinq bassins et une fosse de plongée

Afin de répondre à ces différents objectifs, l’équipement comprendra plusieurs bassins et divers autres espaces complémentaires et ainsi répondra aux exigences des structures modernes.

Tout d’abord, un bassin sportif de 50 m avec 10 couloirs, équipé d’un aileron mobile, accueillera notamment les compétitions de natation en grand et petit bassin ainsi que les rencontres des équipes premières de waterpolo. Une tribune d’environ 700 places sera réalisée le long du bassin : sa capacité pourra être portée à environ 2 000 places par l’installation de gradins temporaires.

Ensuite, il y aura un bassin polyvalent de 33 x 25 m, faisant fonction de bassin d’échauffement et de récupération lors des grandes compétitions. Sa vocation courante variera en fonction des créneaux d’utilisation : bassin d’entraînement des équipes de waterpolo, bassin de natation pour l’apprentissage scolaire ou bassin ludique à destination des enfants et adolescents. Il sera équipé pour l’installation de structures gonflables, de parcours et de plongeoirs.

En outre, le bassin nordique de 50 x 20 m sera aménagé en trois zones : 5 couloirs de natation de 50 m, 3 couloirs de natation de 25 m et une zone de détente et de transition avec l’intérieur de la piscine par un sas d’entrée immergé. Complété d’un solarium, il prendra une vocation estivale aux beaux jours.

Par ailleurs, la structure sera également équipée d’un bassin dédié aux activités encadrées (type aquafitness), d’un bassin balnéo-ludique intégrant une zone petite enfance et des jeux pour un public familial, d’une fosse de plongée proposant plusieurs paliers, de profondeur allant jusqu’à 40 m, d’un espace bien-être et récupération sportive (sauna, hammam, détente, cryothérapie…), d’un restaurant et d’un espace réceptif.

Les travaux devraient commencer lors du second semestre 2019 pour une inauguration prévue à l’horizon 2021.

L’équipement sera réalisé sur le secteur dit du Belvédère à Lille, au milieu de logements et d’activités tertiaires, avec une emprise d’environ 11 500m² réservée pour son bâti.

 

Le plan piscines de la Métropole Européenne de Lille

En 2005, la collectivité a mis en place un plan piscine en définissant une politique de soutien sous deux formes. Premièrement pour le fonctionnement, en subventionnant les communes gestionnaires de piscines à hauteur de 2,5 euros par entrée scolaire pour l’apprentissage de la natation. Soit un budget d’environ 2,2 millions d’euros par an.

Deuxièmement, sur le volet investissement : en 10 ans, 51 projets (rénovation, extension, reconstruction ou construction) ont été soutenus depuis l’origine, pour une participation financière de la MEL de 28,3 millions d’euros (un chiffre qui atteint près de 40 millions d’euros en tenant compte de la construction de la piscine des Weppes à Herlies, réalisée sous maîtrise d’ouvrage de la MEL.

Dans ce cadre, 4 piscines neuves ont été réalisées (Tourcoing, piscine des Weppes, Lille-sud, et Wattignies qui est en cours), et 7 ont fait l’objet de réhabilitations complètes.
Le réseau métropolitain comprend aujourd’hui 27 piscines gérées par les communes ou syndicats intercommunaux.

 

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Une étape supplémentaire pour la future piscine de la MEL

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