En cours de construction, le futur centre aquatique d’Aulnay-sous-Bois accueillera les usagers locaux mais également les nageurs en entraînement lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Conçu par l’agence Chabanne, il sera équipé de diverses solutions techniques afin que les énergies renouvelables représentent 60 % de l’ensemble des consommations.

Le stade nautique de Coursailles était un équipement emblématique d’Aulnay-sous-Bois : inauguré en 1969, il était à l’époque le plus grand du département de la Seine-Saint-Denis avec entre 160 000 et 240 000 utilisateurs annuels. Après sa fermeture en septembre 2014 (à la suite de la découverte d’une importante fissure pouvant provoquer l’effondrement de la structure), la Ville d’Aulnay-sous-Bois a décidé de reconstruire un équipement moderne et de grande capacité. L’objectif étant de proposer un usage public, scolaire et associatif, offrant aussi une mixité d’usages tant sportifs que ludiques. La concertation menée avec les habitants a abouti au choix de l’équipement et du lieu d’implantation sur le site de l’ancienne piscine.

Les particularités architecturales
La volonté de l’agence Chabanne a été de garder l’identité du lieu, situé à proximité de l’autoroute et dans un espace enclavé, au milieu d’une zone très peuplée. “L’objectif principal était de présenter ce centre aquatique comme un trait d’union entre la ville industrielle côté nord et la ville résidentielle et arborée côté sud. Il crée une barrière acoustique pour protéger les baigneurs des nuisances de la ville. La forme allongée du projet suit la topographie du talus existant pour former une anse, dans laquelle tous les bassins et solariums viennent prendre place face au soleil et profiter des vues cadrées sur le grand paysage. En effet, nous avons profité d’un important dénivelé pour installer l’ensemble des bassins en promontoire à trois mètres au-dessus du terrain naturel, pour profiter au mieux du soleil et des vues sur le paysage. Ainsi, à l’intérieur du bâtiment, nous n’avons pas l’impression d’être en pleine zone urbaine” décrit Paolo Magri, architecte en charge du projet.

Comme elle en a l’habitude, l’agence a conçu un style architectural intemporel, avec une forme spécifique que l’architecte décrit avec un vocabulaire similaire à de la haute couture : “la forme de la toiture habille l’enveloppe du bâtiment en se pliant selon la hauteur des différents espaces. Par exemple, ce concept plissé avec différentes facettes se traduit par une toiture très haute au niveau du bassin olympique apportant beaucoup de lumière. Ce choix favorise l’ouverture vers les espaces extérieurs, tout en optimisant l’aspect thermique (espaces vitrés favorisant la chaleur naturelle).
A l’inverse, la toiture est bien plus basse au niveau de la pataugeoire ou de l’espace blanéo où le besoin d’intimité est bien plus important. En moyenne, la toiture mesure 10 m de haut, avec un faitage variable jusqu’à 12 à 15 m”
ajoute-t-il.

Energies renouvelables : 60 % de la consommation totale
Le développement durable et les nouvelles technologies tiendront une place importante au sein de ce futur établissement grâce aux différentes solutions sélectionnées, rentabilisées en moins de 8 ans. Tout d’abord, le taux d’énergie renouvelable représente
60 % de l’ensemble des consommations (chaleur et électricité). Pour cela, le bâtiment sera équipé de deux pompes à chaleur d’une puissance de 700 kW chacune, installées sur le réseau d’eaux usées de la rue, qui produiront 90 % de la chaleur dont aura besoin l’établissement. L’économie liée à cet investissement est d’environ 400 000 euros/an, par rapport à une chaufferie gaz classique. Le bassin olympique, qui contient environ 2 500 m3 d’eau, sera également chauffé par 215 m2 de moquette solaire couplés à une pompe à chaleur de 50 kW. Ensuite, le système de récupération puis d’ultrafiltration des eaux de contre-lavage des 14 filtres réduira de 70 % la consommation d’eau de lavage des filtres, soit une économie de plus de 4 000 m3/an. Enfin, l’engagement s’est porté sur la qualité de l’air avec la mise en place d’une centrale de traitement d’air de 70 000 m3/h pour la halle bassin, permettant d’évacuer efficacement les chloramines responsables de l’odeur de chlore. Ce système de déshumidification par modulation d’air neuf permet d’amener beaucoup d’air neuf à l’intérieur, tout en récupérant la chaleur de l’air rejeté par des échangeurs de chaleur. De plus, cinq autres centrales de traitement d’air à récupération de chaleur permettent de ventiler le reste du bâtiment.

Un équipement composé de trois espaces
La partie sportive comprend un bassin olympique intérieur de 50 x 21 m avec un fond et un aileron mobile et une tribune de 322 places, mais aussi un bassin de plongeon et de plongée de 13 x 11,55 m et un bassin nordique extérieur de 25 x 12,5 m, ouvert toute l’année avec un accès direct depuis l’intérieur. C’est la première fois que le club local de plongée bénéficiera d’un bassin et d’un local spécifiques. En outre, la partie grand public sera composée d’un bassin de loisirs et d’activité de 300 m2, une lagune de jeux de 80 m2 (en intérieur et extérieur) pour les enfants, un pentagliss de 30 m de long (4 pistes) et une rivière sauvage de 150 m linéaires. Un solarium végétalisé et une plaine d’activités (beach volley, ping-pong, espace détente) seront aussi créés. Pour ces deux espaces, les usagers auront accès à des vestiaires divisés en deux de manière classique : une partie pour les clubs et scolaires (400 m2) et l’autre pour le grand public (650 m2) comprenant douches et sanitaires. Par ailleurs, les usagers auront accès à un secteur bien-être avec un espace balnéothérapie disposant de deux hammams, deux saunas ainsi que d’un solarium et d’une terrasse extérieure d’environ 100 m2. De plus, le site accueillera une salle de fitness et une salle de cardio-training (126 m2 chacune) ainsi que 200 m2 de vestiaires spécifiques.

Enfin, le projet est également composé d’un restaurant, dont la fréquentation quotidienne est estimée à 150 personnes, qui sera géré par un exploitant extérieur. Ce nouveau centre aquatique représente un investissement de 35,8 millions d’euros, comprenant la démolition et la dépollution du site actuel, ainsi que la construction du nouvel équipement. Concernant les charges de fonctionnement (salaires, chauffage, l’électricité, maintenance, entretien, remplacement de matériels…), celles-ci devraient être d’environ 1,5 million d’euros par an contre 2 millions pour l’ancienne piscine. La démolition a démarré en janvier 2019, puis la construction au mois de mai. Avant la période de confinement, les entreprises étaient à la mise en place du gros œuvre. La livraison est prévue lors du premier trimestre 2021.

Un centre aquatique labellisé pour les JOP 2024
Ce nouvel équipement offrira aux sportifs d’excellentes conditions pour s’entraîner : correspondant aux impératifs décrits dans la candidature des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, ce projet de nouveau centre aquatique a été sélectionné le 14 juin 2018 par Edouard Philippe, Premier ministre, pour être l’un des trois sites d’entraînements olympiques pour la natation en Seine-Saint-Denis.

Une démarche durable pour un projet labellisé JOP 2024 !

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