Alors qu’un projet de centre aquatique était en cours de réflexion depuis environ 40 ans, huit communes du Plateau Est de Rouen se sont réunies pour investir dans ce projet commun. L’établissement devrait voir le jour au printemps 2022.

Le territoire du Plateau Est de Rouen est carencé en termes de piscine puisqu’il en existait une seule, petite, datant des années 70, qui a dû être détruite il y a quelques années alors que le secteur est en fort développement démographique. De ce fait, les enfants ne pouvaient pas suivre de programme d’apprentissage de la natation.

Ainsi, au sein de l’Amicale des Maires du Plateau Est de Rouen comprenant  15 communes, 8 d’entre elles (Amfreville-la-Mivoie, Belbeuf, Boos, Franqueville-Saint Pierre, Le Mesnil-Esnard, Mesnil-Raoul, Montmain et Ymare) ont décidé de créer une “Entente Intercommunale” afin de construire un centre aquatique pour, au moins, les 27 000 habitants de leur territoire. “Nous avons créé cette Entente intercommunale car, avec la mise en place d’un syndicat, nous n’aurions pas pu obtenir de fonds de concours de la part de la Métropole, comme l’indique la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, dite “loi MAPTAM”. Nous avons donc mis au point et approuvé deux conventions qui nous lient et délèguent à l’une de nos communes (Belbeuf) la maîtrise d’ouvrage unique afin, dans le respect de certaines contraintes législatives, de percevoir les fonds de concours de la Métropole-Rouen-Normandie. Celle-ci, pour autant, ne peut rien décider sans l’accord unanime des
8 communes. La charge d’investissement est bien évidemment répartie entre les 8 communes. Une fois les travaux terminés, l’Entente sera transformée en syndicat intercommunal
” précise Philippe Leroy, maire de Franqueville-Saint-Pierre et président de l’Entente intercommunale, et le remboursement des emprunts comme la charge de fonctionnement pourront alors être fiscalisés.
Après des études de faisabilité et de programmation engagées depuis 2015, et confiées au Cabinet CQFD de Caen, le concours d’architecture a permis de retenir le groupement de Maîtrise d’œuvre composé de l’agence Coste architectures, la société Sogeti Ingénierie, l’agence Kube structures, l’Atelier Silva Landscaping et Acoustique Vivié pour ce projet de centre aquatique polyvalent, sans luxe mais de qualité.

Un centre aquatique conçu sur deux niveaux
Au sein d’une surface totale de 3 467 m2, le rez-de-chaussée sera consacré à l’espace aquatique. Il sera composé d’un bassin de 25 x 15 m (6 couloirs) avec des gradins de 200 places, d’un bassin d’apprentissage polyvalent de 270 m2 (permettant l’enseignement des activités de la natation, les animations ludiques, mais aussi l’échauffement et la récupération lors des compétitions), d’un bassin petite enfance de 70 m2 pour la familiarisation avec l’eau et d’un toboggan à 3 pistes. Les trois principaux bassins seront en inox. Le rez-de-chaussée sera complété par l’accueil, les services administratifs et les vestiaires. A l’étage, les usagers auront accès à un espace de remise en forme avec sauna, hammam, jacuzzi, salle de cardio-training et de fitness, bassin d’activités de 120 m2 et solarium. “Ce type d’espace est essentiel car il répond à une réelle demande actuelle de la population, et accroît ainsi l’attractivité de la structure. De plus, ces prestations permettent de diminuer le déficit inévitable d’un centre aquatique” argumente Philippe Leroy.
Dans le futur, les élus auront la possibilité d’agrandir notamment, la partie extérieure avec une plage et un bassin. L’objectif est de comptabiliser environ 190 000 entrées par an dès les premières années.

Les solutions techniques
Le volet environnemental HQE était une priorité pour l’Entente Intercommunale. Ainsi, plusieurs choix technologiques garantissent la construction d’un équipement économe en énergie. Le choix des bassins en acier inoxydable en est une expression : le recours à l’inox réduit l’utilisation du béton et limite ainsi le bilan carbone ; sa mise en œuvre est plus rapide et il évite l’essentiel des risques de malfaçons génératrices de fuites, cause de nombres de litiges et fermetures après réception ; il est recyclable à plus de 95 %.
Entre autres procédés constructifs destinés à atteindre les objectifs du volet environnemental du programme, une partie importante des toitures sera végétalisée, favorisant l’isolation thermique et la ré-infiltration des eaux de pluies. Les façades en murs rideaux vitrés ont été réduits au profit de murs pré-isolés.
Le chauffage sera assuré par une chaufferie bois couvrant 84 % des besoins, ou par une pompe à chaleur géothermique sur nappe (études en cours).
Le traitement d’air sera assuré par quatre centrales de traitement d’air : une pour la halle bassins avec déshumidification thermodynamique avec récupération de chaleur, et trois à double flux à modulation d’air neuf pour les autres locaux. De plus, une récupération de chaleur sur les eaux grises sera effectuée pour préchauffer l’eau chaude sanitaire et les bassins. Enfin, le traitement d’eau se fera grâce à des filtres à diatomée, assortis à des destructeurs de chloramines à lampes UV. Outre une finesse de filtration de l’ordre de 1 micron et le gain de place en locaux techniques, ce type de filtration permet d’importantes économies d’eau et de produits de traitement, pour obtenir sans doute le meilleur niveau de qualité sanitaire de l’eau en piscines publiques.

Un coût d’environ 20 euros par habitant chaque année
Les élus ont décidé de confier la gestion de ce futur équipement à un délégataire professionnel afin d’optimiser le fonctionnement. “Au total, le coût d’investissement et de fonctionnement reviendra à environ 20 euros par habitants et par an. Néanmoins, dans les statuts, il est possible que de nouvelles communes nous rejoignent. Par exemple, l’occasion peut se présenter après les prochaines élections municipales. Plus on sera nombreux, moins le coût d’investissement et de fonctionnement sera important pour chaque commune” confirme le maire de Franqueville-Saint-Pierre. Après les démarches administratives inhérentes à ce type de projet, l’appel d’offres devrait être lancé début 2020, pour un début des travaux entre juin et septembre et une livraison estimée au printemps 2022.

 

Un projet mutualisé grâce à une entente intercommunale

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