Depuis fin 2018, dans le cadre de sa politique sportive 2017-2021, le Conseil régional des Hauts-de-France a lancé un dispositif spécifique, appelé Nager en Hauts-de-France, pour développer les bassins de natation… mais pas que. C’est un appel à projets global. Présentation.

Les élus de la région sont partis de deux constats comme l’indique Florence Bariseau, vice-présidente en charge des sports : “Notre région est classée à l’avant-dernière position au niveau national en termes de bassin en fonction du nombre d’habitants. En effet, nous comptons seulement un bassin pour 7 500 habitants. De même, suivant les territoires de notre région, on compte entre 30 et 50 % d’enfants qui ne savent pas nager en arrivant en 6e alors que chaque été le nombre de noyades est très important en France”.

Plusieurs conditions à remplir pour les porteurs de projets
Le présent dispositif concrétise la volonté régionale de soutenir la construction et/ou la rénovation de bassins de natation. Cette volonté repose sur un triple enjeu, à savoir :
– s’inscrire dans la priorité de l’apprentissage de la natation prévue dans les programmes d’éducation physique et sportive ;
– soutenir l’accessibilité des lignes d’eau au mouvement sportif régional ;
– contribuer au développement du sport santé pour tous en mettant en place un dispositif d’accompagnement financier tourné vers les piscines.

Ainsi, les porteurs de projet doivent présenter un plan d’apprentissage de la natation : prévoir trois à quatre séquences d’apprentissage de 10 à 12 séances chacune à l’école primaire, soit un nombre total compris entre 30 et 48 séances. De plus, pour les clubs sportifs du territoire concerné (ou à venir) et affiliés à une fédération aux activités natatoires olympiques, il sera procédé entre la Région Hauts-de-France, le porteur du projet et le/les clubs du territoire à une évaluation raisonnable du nombre d’heures annuelles nécessaires au projet sportif partagé. “Pour ce faire, la Région Hauts-de-France s’appuiera sur l’expertise et les compétences de la Ligue régionale de natation pour l’estimation de ces besoins d’accessibilité. En l’absence de club sportif, le porteur de projet s’engagera, dans une approche partagée avec l’ensemble des acteurs concernés, à réunir les conditions de l’émergence d’une structure sportive organisée sur son territoire. Le programme prévisionnel d’utilisations gratuites des lignes d’eau, à partir de la date de mise en service de l’équipement et pour les publics cibles sera proposé à la Région par le maître d’ouvrage et sera annexé à la convention régionale de financement. C’est une demande originale mais nécessaire car de nombreux clubs ne bénéficient pas d’assez de créneaux pour exercer leur discipline, notamment ceux pratiquant dans des établissements gérés en délégation de service public” précise Florence Bariseau.

Entre 10 et 15 projets d’ici 2021
Jusqu’à présent, les subventions attribuées étaient de 500 000 euros dans le cadre d’une rénovation et de 800 000 euros pour une construction. Avec ce nouveau dispositif, les élus ont voté une enveloppe budgétaire d’un million d’euros pour une rénovation ou une construction (sur un territoire carencé) portée par une commune et un million et demi d’euros pour un projet neuf (également sur un territoire carencé) porté par une intercommunalité. De plus, un montant supplémentaire sera attribué dans le cas où le projet est éligible au fonds européen focalisé sur les économies d’énergie ou si le maître d’ouvrage l’a inscrit comme projet prioritaire pour son territoire. Afin d’être éligible à ce dispositif, il est impératif que la collectivité autofinance le projet à une hauteur minimale de 30 %.

Sont recevables les dépenses de maîtrise d’œuvre y compris celles liées à la phase d’Avant-Projet Sommaire (APS), de travaux de construction, rénovation ou de réhabilitation lourde, d’achats d’équipements ou de matériels d’usage collectif nécessaires au premier fonctionnement de l’installation ou de traitement des abords. Par contre, les projets de travaux d’entretien courant et de mise en accessibilité ne sont pas recevables, ainsi que les projets d’extension à des fins accessoires aux activités natatoires (salles et zones de fitness, espace de bien être, de restauration…).

En plus des projets de piscines olympiques, comme celle de Valenciennes, nous estimons que nous pouvons financer entre 10 et 15 équipements jusqu’en 2021. Plusieurs porteurs de projet travaillent sur leur dossier et plusieurs devraient nous parvenir d’ici la fin de l’année. Nous verrons par la suite si le dispositif perdurera après 2021” conclut l’élue.

Un appel à idées en complément
Pour compléter ce dispositif, le Conseil régional des Hauts-de-France souhaite lancer un appel à idées pour aider les territoires ruraux n’ayant pas le budget nécessaire pour construire une piscine. “Par exemple, une des solutions peut être la piscine mobile, davantage sous la forme d’une structure que d’un camion, qui resterait quelques mois sur un territoire carencé pour l’apprentissage de la natation, à la fois à destination des scolaires mais également du grand public qui ne sait pas nager. Cet équipement serait alors démontable et pourrait se déplacer à différents endroits de la région. De plus, je pense également à des projets permettant d’apprendre à nager dans des espaces naturels, comme des rivières. C’est notamment le cas à Loon Plage par exemple” décrit Florence Bariseau.

 

Un dispositif spécifique pour les Hauts-de-France

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