A Annecy, le projet de rénovation de la piscine des Marquisats mêle espace aquatique et bien-être. Il répond ainsi aux besoins d’une ville de cette taille (commune nouvelle d’environ 130 000 habitants), à l’évolution des pratiques des usagers et à la volonté d’étendre son ouverture tout au long de l’année.

Le projet, présenté en conseil municipal fin 2019, était très attendu car la piscine des Marquisats avait une cinquantaine d’années. Située en bordure du lac, elle offre une belle vue sur les montagnes et les rives du lac. Après concertation, il a donc été décidé de détruire la piscine existante et de reconstruire la nouvelle sur le même site. “C’est un emplacement privilégié que nous avons souhaité conserver : c’est un choix affectif mais aussi pratique au niveau de l’accessibilité pour les différents usagers. Même si, il faut le reconnaître, ce choix a entraîné des difficultés en termes d’intégration et de problématique urbanistique (site protégé à proximité, loi littoral…)” indique Pascal Bassan, adjoint aux sports d’Annecy. Par exemple, le projet respecte l’emprise de l’existant (surface bâtie et surface paysagère) et les contraintes en matière de hauteur (8 m) :
l’agence Dubuisson Architecture ayant privilégié des lignes horizontales afin de s’inscrire en continuité des rives du lac, avec un parti pris de sobriété et l’audace d’une surélévation des bassins.

Par ailleurs, trois piliers énergétiques ont été définis pour ce projet : celui-ci doit répondre aux règles de sobriété (répondre aux seuls besoins identifiés et optimiser les surfaces), d’efficacité (éclairage performant, récupérateurs d’eaux, appareils sanitaires économes, bâtiment haute qualité environnementale, récupérateurs d’énergie) et d’énergies renouvelables (apports solaires). Le réseau de chaleur et de froid, en construction sur le quartier, puisera l’énergie dans le lac grâce à des pompes à chaleur qui produiront les besoins en chauffage, eau chaude sanitaire et climatisation des établissements du quartier : la piscine, mais aussi des logements, un hôtel ou encore une maison de repos.

Une offre intérieure et extérieure complémentaire
Afin de construire un équipement de qualité répondant à ses besoins, la Ville a été assistée par le programmiste Adoc. “Nous avons également mené des concertations auprès des utilisateurs (notamment les clubs), mais aussi auprès des Maîtres Nageurs Sauveteurs (MNS) qui ont pu nous faire part de leur expertise, notamment concernant la conception des bassins” précise Hubert Carrez, responsable de la piscine des Marquisats. Ainsi, le futur équipement comprendra trois bassins intérieurs : un bassin d’apprentissage de 20 x 10 m, avec une profondeur variant de 0,80 à 1,80 m ; une pataugeoire de 40 m2 ; un bassin d’activités de 12,5 x 10 m qui accueillera les maternelles et différents cours (aquaforme, bébés nageurs…), à fond mobile. A l’extérieur, les usagers auront accès à un bassin nordique de 50 m (8 couloirs), ce qui permettra d’augmenter la surface de plan d’eau dont dispose la ville, mais aussi à un bassin saisonnier (ouvert d’avril à octobre) de 600 m2 et à une plaine de jeux de 400 m2 (splashpad et pataugeoire). “Ces différents bassins permettront de développer l’apprentissage scolaire et la pratique de la natation de manière générale, tout en conservant la vocation loisirs estivale du site existant” ajoute l’élu. Enfin, alors que les espaces verts situés devant la piscine seront uniquement dédiés au public fréquentant la piscine durant la période estivale, ceux-ci seront ouverts au public en période hivernale transformant ainsi ces aménagements en lieu de promenade.

D’autres espaces générant un excédent d’exploitation
Pour compléter l’espace aquatique, l’établissement sera également composé d’une zone de bien-être de 800 m2, avec un bassin balnéo de 230 m2, trois saunas, deux hammams et des bains thématiques (froid, salé et musical). Par ailleurs, un espace sport santé sera accessible pour renforcer l’offre actuelle de la ville. Il comprendra un espace cardio-training de 80 m2 avec une dizaine de machines (vélo, tapis, rameurs…), deux salles de cours collectifs d’un total de 120 m2 et une salle associative de musculation. “Ces espaces complémentaires répondent à la demande de notre territoire et permettent de générer un excédent d’exploitation (estimé à 400 000 euros), intéressant afin de diminuer le déficit de fonctionnement estimé à 610 000 euros pour l’ensemble de l’équipement” argumente Pascal Bassan.
Actuellement, le projet est en phase d’études APS (Avant Projet Sommaire) et il devrait être validé dans les prochaines semaines, les appels d’offre seront lancés à l’automne. Fin septembre, la piscine des Marquisats fermera ses portes (les utilisateurs seront alors redirigés vers les deux autres piscines de la ville) et entrera dans une phase de travaux pour une durée de deux ans : la déconstruction devrait commencer fin 2020 avant de laisser place à la construction du nouvel équipement à partir du premier trimestre 2021. L’ouverture étant programmée fin d’hiver 2023, avec une projection de plus de 360 000 entrées (300 000 pour le grand public et 60 000 pour les scolaires et clubs) contre 120 000 entrées pour l’ancienne piscine (sur 4 mois d’ouverture).

Un dernier été historique
Ce dernier été devait être historique pour la piscine des Marquisats puisque c’est le dernier avant sa transformation. Avec la crise sanitaire actuelle, il le sera encore plus, comme l’indique Hubert Carrez, son directeur : “à l’heure actuelle (21 avril, ndlr), nous ne savons pas encore si l’ouverture des Equipements Recevant du Public (ERP) va être repoussée après le 11 mai. Ainsi, nous travaillons sur différents scénarios, avec la mise en place de protocoles, des fréquentations moins importantes… Nous verrons ce que le gouvernement décidera, mais notre souhait est d’ouvrir dès que possible, tout en proposant un service public de qualité et sécurisé”.

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