Inaugurée il y a 10 ans, la piscine des Remparts et ses 130 000 entrées annuelles est un équipement phare de la Ville de Sélestat (67). Elle est gérée depuis son ouverture par Thierry Gombart, qui part à la retraite dans quelques semaines.

Présent depuis l’ouverture de la piscine en 2009, Thierry Gombart a su faire profiter ce nouvel établissement de sa riche expérience du milieu aquatique. En effet, après un deug STAPS, il a commencé à enseigner la natation dès 1982, dans la piscine Bernard Lafay à Paris. Puis, de 1989 jusqu’en 2002, il fut enseignant d’éducation physique pour le diocèse de Paris, au sein d’écoles primaires et de collèges catholiques. En parallèle, il était également entraîneur de natation, notamment au Racing Club de France, et encadrait des séances d’aquagym dans différentes piscines de la Capitale. En 2002, recruté par la Ville d’Aubigny-sur-Nère (18), il suit la construction de la piscine (de 2002 à 2004), prépare l’ouverture et gère l’équipement. C’est donc une mission similaire qui lui a été confiée en 2009 à Sélestat, ville d’environ 20 000 habitants, puisque les travaux de la piscine des Remparts s’achevaient lors de son arrivée. Il a dirigé l’établissement jusqu’en 2014 avant de voir son poste s’élargir en devenant également directeur des sports de la collectivité.

Des piscines qui ont beaucoup évolué en plus de 40 ans
Avec son expérience et son diplôme de maître-nageur acquis en 1978, Thierry Gombart a suivi l’évolution des piscines publiques : du simple bassin rectangulaire aux centres aquatiques multi-usages. “Dans les années 70, les piscines disposaient seulement d’un bassin rectangulaire pour la natation de compétition. Seules quelques grandes villes disposaient de bassins d’apprentissage pour la natation scolaire. J’ai même travaillé avec des maîtres-nageurs ayant connu les bassins d’apprentissage mobile qui, à la fin des années 60 et début des années 70, se déplaçaient en zone rurale avec un chauffeur pour apprendre à nager aux enfants afin de compenser le déficit de piscines (rires). Dans les années 80, les établissements aquatiques ont bien évolué, avec des structures aérées, des centrales de traitement d’air élaborées pour lutter contre les problèmes de chloramines… Puis, à la fin des années 80 et au début des années 90, les activités d’aquagym sont apparues et n’ont cessé de se développer en amenant le côté détente devenu incontournable dans les structures actuelles. Désormais, les centres aquatiques sont équipés de nombreux espaces complémentaires pour attirer un maximum de personnes : la partie sportive, le bassin ludique et d’activités, l’espace détente et remise en forme ou encore les toboggans et pentagliss pour les enfants et adolescents. Il a fallu s’adapter au fil des années pour gérer ces établissements devenus structurants pour un territoire”.

 

Des bassins inox et un traitement de l’eau à l’ozone
Dès le départ, la collectivité a fait des choix techniques forts, comme par exemple celui de l’inox pour l’ensemble des bassins (fournis par la société Zeller). Thierry Gombart en détaille les raisons : “Tout d’abord, l’inox favorise une hydraulicité plus importante grâce aux 90 bouches de refoulement présentes dans chaque bassin, contre une vingtaine dans un bassin carrelé. Ensuite, les parois lisses empêchent la formation d’algues (dû à la photosynthèse). De plus, la durée des vidanges est plus courte puisqu’un seul nettoyage suffit contre deux pour un bassin carrelé (carrelage + joints) ce qui réduit le temps de non exploitation. Enfin, il n’y a pas besoin de réaliser un nouveau jointement du bassin au bout d’une dizaine d’années. Autant d’avantages qui expliquent le coût d’investissement plus important (entre 20 et 25 %)”. Par ailleurs, les responsables du projet ne souhaitant pas de traitement d’eau au chlore (pour améliorer le confort du personnel et celui des baigneurs), le PHMB avait été initialement retenu, avant de basculer sur le traitement à l’ozone suite à son interdiction en 2010 pour les piscines publiques. Procédé oxydant et inodore, le traitement à l’ozone n’a aucune action sur les matériaux inorganiques une fois dissous, tout en étant écologique puisque les rejets dans l’eau et l’atmosphère ne sont pas polluants.

Une structure de 4 000 m2
A l’intérieur, la piscine des Remparts dispose d’un bassin sportif de 25 m (6 lignes d’eau), un bassin ludique de 205 m(avec rivière à contre-courant, banc à bulles, buses massantes, cascades d’eau…), une pataugeoire de 50 m2, un toboggan en inox de 65 m de long et un espace de détente (sauna, hammam et bain froid). Depuis le mois de juillet, le site a développé son offre extérieure, composée jusqu’à présent d’une zone enherbée : un espace de jeux d’eau interactifs de 750 m2 (fournis par la société Vortex) a été créé pour les enfants et pré-adolescents. L’investissement a été de 775 000 euros.

Une piscine qui remplit les objectifs fixés
Lors de son ouverture, les élus avaient fixé trois objectifs à Thierry Gombart : accueillir les 5 clubs intéressés (natation, plongée, natation handisport, triathlon et canoë-kayak), proposer un maximum d’heures d’ouverture au grand public et mettre en place un projet pédagogique dans le cadre de l’apprentissage de la natation. “Ce fut un challenge compliqué à relever, principalement au niveau du planning car il a fallu trouver le bon compromis.
En effet, les nombreux utilisateurs sont tous contribuables ou enfants de contribuables, il est donc nécessaire de répondre à leurs attentes. Ainsi, la piscine est ouverte 92 heures par semaine, de 8 h à 23 h hormis le week-end, et ce, 51 semaines sur 52”
. Au niveau des scolaires, plus de 85 % des enfants qui arrivent en 6e savent nager. De plus, concernant la fréquentation, l’établissement comptabilise entre 125 000 et 130 000 entrées par an contre un prévisionnel de 110 000. Volonté municipale, les scolaires comme les clubs ne paient pas leurs créneaux horaires, à l’image de ce qu’il se fait dans les autres équipements sportifs de la Ville. Par conséquent, les élus doivent faire face à un déficit de près de 600 000 euros par an. “Nous essayons de limiter le personnel au maximum en ayant des agents polyvalents (techniques et accueil par exemple) mais nous ne pouvons pas avoir un effectif en dessous de celui actuel par rapport à l’amplitude de travail : 16 personnes dont
8 maîtres-nageurs
” ajoute le directeur.

Des activités qui représentent 25 % des recettes
Depuis deux ans, le passage de deux à une vidange annuelle a permis d’économiser 2 000 m3 d’eau chaque année. Toutefois, l’un des grands générateurs de recettes de l’établissement concerne les activités. “Dès 2010, nous avons proposé des activités variées (aquagym, aquajogging…), puis du cardio, de l’aquaboxing, de l’aquatrampoline… Par exemple, nous avons environ 150 inscrits par semaine aux 12 séances d’aquagym hebdomadaires”. De plus, les cours de bébé-nageur et de jardin aquatique accueillent entre 50 et 60 enfants et l’école de natation en compte une centaine. A quelques semaines de partir en retraite, Thierry Gombart travaille sur le recrutement de son successeur, qui est loin d’être facile. “Le profil d’anciens directeurs comme moi, étant à la fois technicien, gestionnaire financier et manager, n’existe plus. Or, cette vision globale est nécessaire afin d’être un interlocuteur privilégié pour les élus” conclut-il.

Savoir gérer en fonction des objectifs et des contraintes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *