A Niort, la piscine Pré-Leroy est nichée au creux d’un méandre de la rivière Sèvre Niortaise, dans un écrin naturel arboré et situé au centre-ville. Lieu de baignade très apprécié des habitants, il était nécessaire de réhabiliter cet établissement, notamment du point de vue technique, tout en conservant les structures et le volume pour respecter le contexte très contraint.

La réhabilitation de la piscine Pré-Leroy clôt la fin d’un cycle de rénovation des équipements nautiques de l’Agglomération engagé il y a 10 ans, après celles de Mauzé-sur-le-Mignon, Magné, et Sansais-La Garette. Niort Agglo a réhabilité la piscine Pré-Leroy à Niort pour offrir au public un équipement sportif et de loisir de nouvelle génération, davantage en adéquation avec les attentes des usagers. En effet, construit en 1965, l’équipement n’offrait plus aujourd’hui les conditions satisfaisantes de confort et de fonctionnalité. C’est l’agence d’architecture Brochet-Lajus-Pueyo (BLP) et associés qui a été retenue pour concevoir ce projet.

Le PPRI comme principale contrainte
Cette piscine est implantée dans le contexte très contraint de la zone rouge du Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI). Ainsi, il a fallu répondre au programme initial de la collectivité (réhabilitation et mise aux normes, ajout d’espaces collectifs… le tout pour une fréquentation maximale instantanée de 900 personnes. “Il a fallu ajouter des espaces pour les clubs et les scolaires, mais également une zone technique pour le chauffage du bassin sportif extérieur de 50 m, aménagé en bassin nordique pour une pratique possible toute l’année. Tout ceci, alors que nous ne pouvions ajouter que quelques mètres carrés supplémentaires au niveau de l’emprise au sol afin de ne pas aggraver la capacité de rétention du site et ainsi laisser la Sèvre se répandre facilement, sans obstacle, en cas de crue” décrit Caroline Escaffre, chef du projet pour l’agence BLP et associés.

Conserver l’existant au maximum
Afin de répondre à cette problématique, l’agence d’architecture, en collaboration étroite avec le bureau d’étude CD2I, a choisi de conserver les structures et le volume de la halle existante qui abrite le bassin intérieur de 25 m. Le principe structurel global consiste en une restructuration et conservation d’un maximum de points d’appui sur pieux existants par des jeux d’équivalence de descentes de charges (même si beaucoup ont dû être remplacés après les tests in situ) et par un renforcement complémentaires et ajout de pieux/micropieux en sous œuvre. Le comportement mécanique du bâtiment à l’état futur n’est donc pas modifié par rapport à l’état initial. La surface plancher supprimée de 409 m2 se situe dans les locaux techniques sous les gradins
(375 m2), dans le local “centrale de traitement d’air” (29 m2) et dans les vestiaires.
A l’inverse, les 652 m2 de surfaces créées se trouveront dans la zone de vestiaires (individuels et collectifs), sanitaires, douches et espaces clubs (500 m2) en remplacement des gradins existants, mais aussi dans la zone de déchaussage avant les vestiaires, en remplacement du local “centrale de traitement d’air” et dans la zone de locaux techniques, en surélévation sur la partie administrative (135 m2).

Le nouveau programme est intégré au projet existant comme suit :

  • l’accueil, l’administration et la pataugeoire se situent à l’emplacement des vestiaires et du hall d’accueil de l’ancienne piscine ;
  • les vestiaires, la zone sanitaires / douches et l’espace des clubs se situent au niveau des gradins actuels ;
  • les locaux de traitement d’air, le local compresseur plongée ainsi que l’atelier sont situés sous la zone administration et accessibles par un escalier de service  ;
  • la chaufferie et le local transformateur sont situés au-dessus de la nouvelle administration (zone vestiaires/hall d’accueil de l’ancienne piscine) ;
  • les locaux techniques traitement d’eau, local plongée, et local d’entretien sont au niveau du rez de parc existant au sud de la piscine.

Les caractéristiques de la nouvelle toiture
Le projet comprend l’installation d’une nouvelle toiture, ligne souple de zinc et parquet de bois en sous face, déployée au-dessus des volumes existants : bâtiment d’accueil, vestiaires et gradins sur le grand côté du bassin extérieur. Les éléments du programme prennent place dans ces volumes construits dans l’emprise initiale. La nouvelle toiture se développera en L le long des façades nord et ouest de la halle, son pliage abritera et singularisera les fonctions publiques de la piscine. La toiture de zinc s’étire le long de la façade nord de la halle. Elle s’abaissera vers la rivière pour libérer une hauteur suffisante qui apportera de la lumière naturelle au nord en partie haute de la halle et donnera un volume plus intime à la pataugeoire. La toiture se dépliera en avancée au-dessus du parvis d’entrée qu’elle protègera. Elle remontera vers le sud au bout des vestiaires pour créer un accès au belvédère en terrasse, offrant une vue à 180° sur le paysage au-dessus des plages extérieures.

Les différents bassins
La halle des bassins conservera sa toiture et son volume initial, les parties existantes (notamment les travées) seront rénovées progressivement. La position du bassin sportif sera conservée. Ses parois seront en acier inox polymérisé avec, sur la moitié du bassin, un fond mobile, situé au plus proche de la zone des enfants : il sera alors possible de réaliser des activités liées au jeune âge des utilisateurs. Le fond mobile facilitera également la mise en place d’activités sportives. L’espace intérieur sera complété par 70 places de gradins et une pataugeoire. A l’extérieur, le bassin nordique de 50 m
(8 lignes d’eau) sera en acier inox polymérisé. “Il possèdera deux ailerons mobiles permettant de diviser le bassin en plusieurs parties, proposant ainsi plusieurs configurations : diviser l’ensemble du bassin en deux, avec un coté accessible depuis la mise à l’eau intérieure et l’autre côté refermé par la couverture thermique. Autre solution : en période estivale, utiliser la partie sud du bassin pour les baigneurs et organiser une compétition sur l’autre partie (le bassin étant également homologué en 25 m). Avec un seul aileron ouvert, le bassin permet alors d’avoir quatre lignes de nage en 25 m et quatre lignes de nage en 50 m” explique Caroline Escaffre. De plus, ce bassin disposera également du système Virtual Trainer de la société Myrtha Pools : un système sans fil avec une bande de lampes LED disposée sur le fond du bassin permettant de contrôler en temps réel les performances des nageurs lors des entraînements. “La hauteur d’eau est passée de 3,80 à 2 m. Ainsi, le poids d’eau retiré a été compensé par des matériaux de remblais strictement inférieurs en poids : des blocs de polystyrène empilés, habituellement utilisés en remblais routier, avec un dallage armé de finition. C’est une solution légère, incompressible, hydrophobe et la mise en œuvre du procédé de bassin Myrthapools, non adhérent au support, le permet” ajoute Nabil Ouldammar, chargé d’affaire structure au sein du bureau d’études CD2I. Parmi les autres espaces extérieurs, on retrouve un splashpad de 245 m2 et des espaces verts, ainsi que la place pour installer des gradins mobiles de 500 places lors des compétitions de natation.

Les caractéristiques techniques
Concernant le traitement, le choix s’est porté sur un système de filtration à diatomées, comme l’indique Théophile Treanton, ingénieur d’affaire fluide chez CD2I : “C’est un système qui filtre jusqu’à 5 microns, soit quatre fois plus qu’une solution par bille de verre. De plus, il y a seulement besoin d’un filtre contre quatre pour les autres solutions, ce qui permet d’économiser de la place dans les locaux techniques”. En outre, une centrale de traitement d’air est dédiée à la halle bassin avec un système de déshumidification de l’air. Une centrale de traitement d’air double flux gère les espaces administratifs, l’accueil et les vestiaires.
Enfin, le site dispose de trois chaudières à gaz (dont une de secours en cas de panne ou de remplacement) pour une puissance de 1,8 megawatt dont 1 MW pour le bassin nordique. La gestion de l’ensemble de ces équipements est optimisée grâce à une gestion technique centralisée (GTC), du même modèle que celles déjà en place dans les autres établissements de l’agglomération.
Les travaux d’une durée prévisionnelle de 18 mois ont démarré en avril 2019 et devraient donc se terminer fin 2020.

Réhabiliter sans trop changer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *