Pour la première fois, un Contrat de Performance Energétique (CPE) a été mis en place, pour une durée de 10 ans, par la Ville de Lyon pour deux sites emblématiques dont la piscine de Vaise. L’objectif est très clair : réduire les consommations d’énergie.

Avec près de 800 bâtiments, la Ville dispose d’un patrimoine immobilier très diversifié et d’une valeur historique et architecturale indéniable, mais également complexe à gérer, en particulier au niveau de la performance énergétique. Afin d’offrir le meilleur service à ses habitants, tout en tenant compte des exigences en matière de développement durable, la Ville de Lyon a décidé de faire des économies d’énergie une priorité de son action. Ainsi, 100 millions d’euros sur 10 ans seront destinés à agir globalement sur la qualité de bâtiments identifiés comme énergivores. “Un audit énergétique global a été réalisé sur une soixantaine de bâtiments puis six d’entre eux ont été particulièrement ciblés selon leur facture énergétique, les économies potentielles estimées, la vétusté de certains éléments techniques mais aussi car ils paraissaient adaptés à la mise en place d’un contrat global de performance énergétique. Un assistant à maîtrise d’ouvrage (H3C Energie) nous a aidés à lister les avantages et les inconvénients pour chaque site. Puis, les élus ont choisi les deux premiers bâtiments en fonction de l’enveloppe budgétaire allouée. Ainsi ce sont les musées Gadagne et la piscine de Vaise qui ont été retenus” argumente Anne Guilhot, directrice adjointe à la direction de la gestion technique des bâtiments de la Ville de Lyon. Ce contrat de 10 ans a été signé avec le groupement d’entreprises Artelia Bâtiment & Industrie (mandataire du groupement), Engie Cofély (exploitation et maintenance), et Alep (Architectes). Il intègre des missions de conception et de réalisation de travaux de réhabilitation énergétique, d’exploitation et de maintenance. “Concernant les gros équipements (chaudière, centrale de traitement d’air…), nous avons contractualisé avec le groupement d’entreprises qu’ils soient à 25 % maximum de leur durée de vie résiduelle à la fin du contrat afin de récupérer un équipement de qualité” ajoute Anne Guilhot. Concernant la piscine de Vaise, le choix s’est porté sur un chantier en deux phases de trois mois pour un investissement de 3,4 millions d’euros TTC.

Optimisation de la production, distribution de chaleur
La première phase de travaux, qui a eu lieu cet été 2019, a permis de rénover la façade Est du bâtiment (remplacement du mur rideau), d’améliorer la production et la distribution de chaleur ou encore d’optimiser le renouvellement de la production de froid et de chaud. “La principale chaudière à gaz (chaudière traditionnelle d’une puissance de 1 200 kW) a été remplacée par deux modèles à condensation de 600 kW afin de pouvoir descendre plus facilement à un régime minimum et ainsi éviter d’éventuels gaspillages, mais aussi pour faciliter la maintenance en cas de panne. En outre, le système hydraulique de la chaufferie, avec un seul départ général, a été remplacé :
désormais l’installation permet des régimes de température différents en fonction de l’usage de la chaleur. Par exemple, le régime de température est plus faible pour les équipements les plus énergivores. De plus, des vannes de régulation ont été positionnées sur l’alimentation des radiateurs afin de les moduler selon la température extérieure”
décrit Mustapha Berra, spécialiste des fluides en piscines de la société Artelia. Par ailleurs, les quatre pompes de filtration du bassin de 50 m ont été remplacées
(11 kW chacune contre 15 kW) par des modèles plus performants (meilleures caractéristiques hydrauliques et électriques) équipés de régulateurs de débit. De plus, toutes les douches (plus d’une quarantaine) ont été équipées de mitigeurs de plus petite taille afin d’optimiser le fonctionnement : désormais, il y a un mitigeur pour 3 ou 4 douches contre 1 pour 20 douches auparavant. D’autres travaux complémentaires ont eu lieu : faux plafond, peinture, carrelage, éclairage led dans les vestiaires et sanitaires…

… puis amélioration du traitement d’air
Lors de la fermeture de l’été 2020, les façades sud et ouest seront rénovées à leur tour et le fonctionnement du traitement d’air sera optimisé. “La centrale de traitement d’air de la halle bassin de 40 000 m3/h sera conservée (remplacement de batterie chaude)mais de nouvelles installations double flux avec récupération de chaleur seront installées pour l’espace gradin et l’espace sous-gradin, alors que jusqu’à présent ces deux volumes n’en faisaient qu’un seul. Or, il est nécessaire d’obtenir des températures différentes entre la halle bassin (zone à 28 % et 65 % hygrométrie) et l’espace sous-gradin afin d’optimiser le confort des visiteurs et des spectateurs. La mise en place d’une nouvelle pompe à chaleur modulante permettra de déshumidifier l’air de la halle bassin et de l’espace gradin tout en réalisant des économies d’énergie” indique Mustapha Berra.

La consommation totale annuelle des deux sites représente environ 5,2 GWh (électricité et gaz compris). La piscine de Vaise pèse pour 67 % de ces consommations. Avec le CPE et les travaux programmés, le groupement d’entreprises s’est engagé contractuellement sur une économie post travaux de 25 % : pour l’atteindre, il cible 35 % concernant les consommations de la piscine et 6 % sur les Musées. Une évaluation qualitative et partiellement quantitative (le bilan ne pouvant être définitif qu’à la fin) du contrat sera réalisée au bout de deux ans. En effet, ce montage innovant pour la Ville servira de référence permettant d’élargir la palette d’outils contractuels mobilisables, au vu des enjeux de maîtrise des consommations d’énergies de son patrimoine immobilier.

Réduire les consommations grâce à une rénovation énergétique

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