Les planchers (appelés aussi fonds) ou murs mobiles sont des équipements possédant de nombreuses qualités pour une piscine publique, tant au niveau fonctionnel que budgétaire. Les demandes sont ainsi de plus en plus nombreuses.

Avec un mur mobile, il est possible de laisser quelques longueurs du bassin pour les nageurs tout en gardant un espace spécifique pour la mise en place d’une activité.

En France, les premières piscines équipées de planchers mobiles l’ont été il y a plus d’une vingtaine d’années. Toutefois, les techniques ont beaucoup évolué, comme l’indique Claude Bansard, gérant de la société Technox : “Au départ, les fonds mobiles étaient proposés par des sociétés d’électromécanique, non spécialisées dans le secteur de la piscine. Ainsi, elles ne respectaient pas toutes les normes, il y avait des pannes récurrentes, notamment à cause de l’eau chlorée qui est un milieu spécifique… Ces mauvaises expériences ont entraîné plusieurs contentieux et les collectivités ont été réticentes à investir dans ce type de système. Toutefois, il existe de nombreuses références de qualité dans le monde. En France, notre partenaire allemand KBE avait équipé la piscine de Castres en 1993 et son système fonctionne toujours”.

Ainsi, avec le développement de solutions performantes, les fonds et murs mobiles sont de plus en plus demandés depuis quelques années. “Cette option technique est privilégiée selon les études réalisées au préalable par l’assistant à maîtrise d’ouvrage (taille de l’établissement, publics accueillis…) et les souhaits de la collectivité. Tous les profils d’établissements sont concernés : de la petite piscine communautaire jusqu’au grand centre aquatique” précise Marc Striebel, responsable commercial de la société Variopool. Les planchers et les murs mobiles peuvent s’installer pour tout type de bassins, ludique, comme sportif, mais aussi neufs comme existants.

Optimiser les surfaces… et donc les coûts

Dans la grande majorité des cas, un plancher mobile est mis en place dans un bassin, notamment sportif, afin d’éviter de construire un second espace de nage. Pour Claude Bansard, la réalisation d’un bassin supplémentaire peut avoir d’importantes conséquences, au niveau de la superficie et donc du coût : “Pour un bassin supplémentaire, il faut compter sa surface de plan d’eau, les plages obligatoires, le coût du traitement d’eau, mais également les locaux supplémentaires qu’induit l’augmentation de la fréquence maximale instantanée (vestiaires, douches…). Alors qu’on estime aujourd’hui le prix d’un centre aquatique à environ 3 000 euros HT/m2, il est donc nécessaire de réfléchir à la solution du plancher mobile”.

Concernant le coût d’un plancher ou d’un mur mobile, il faut compter entre 170 000 et 250 000 euros HT selon le type de modèle et la dimension souhaitée.

Fonctionnant comme une porte, dont la charnière est posée sur le fond du bassin l’aileron Technox est entièrement construit sur un axe principal qui traverse la paroi du bassin.

Jouer sur la modularité du bassin

Le plancher ou le mur mobile permet de modifier les dimensions du bassin, tout en le séparant en plusieurs zones. Un avantage non négligeable pour multiplier les usages : cours de natation, activités aquatiques, bébé nageur… “Le même bassin est multifonction tout au long de la journée : un cours d’aquagym ou d’aquabiking, suivi d’un cours de natation, mais il peut aussi servir de pataugeoire en remontant la hauteur du bassin. En l’associant avec un mur, il est également possible de laisser quelques longueurs du bassin pour les nageurs en même temps que la mise en place d’une activité. En outre, avec un bassin de 50 m, le mur peut aussi servir à organiser des compétitions sur 25 m, voire 33 m pour le water-polo. Enfin, lorsque le plancher mobile est complètement relevé au-dessus de la surface de l’eau, il est facile de l’exploiter comme un sol sec pour un événement spécifique. Lorsqu’il est en position haute, il sert aussi de couverture thermique et permet de réaliser quelques économies au niveau de l’énergie (économies sur le chauffage de l’eau du bassin, traitement d’air et d’eau)” argumente Marc Striebel. Lorsqu’il est à fleur de plage, le plancher doit pouvoir résister à une charge de 60 kg/m2 afin d’être conforme à la norme NF EN 13451-11

Cette modularité est très appréciée pour les établissements ne comptant qu’un bassin afin de multiplier les activités et donc d’obtenir de meilleurs chiffres d’exploitation. De plus, c’est un avantage non négligeable pour la gestion de certaines activités, comme l’aquabiking, puisque la manutention des vélos est facilitée par le plancher mobile.

Lorsqu’il est en position haute, le plancher mobile sert aussi de couverture thermique et permet de réaliser quelques économies au niveau de l’énergie.

Les différents planchers mobiles

Le plancher mobile est une plateforme élévatrice qui est construite à l’intérieur du bassin. Elle se déplace verticalement en laissant passer l’eau. Il faut compter moins de 5 minutes pour déplacer le plancher sur sa hauteur maximale, à raison de 50 cm/minute maximum afin de respecter la norme. “Le plancher sur pantoires peut couvrir au choix tout ou seulement une partie du bassin. S’il n’en couvre qu’une partie, il doit alors être équipé d’une jupe latérale fermant l’accès sous le plancher, à moins que cette fonction ne soit assurée par un aileron rabattable. Le nombre de rails situés sur le fond en travers du bassin dépend de la longueur du platelage. Il y en aura deux par exemple pour un plancher de 8 m de long que le bassin fasse 10, 12,5 ou encore 15 m de large. Le premier rail étant posé le long de la paroi en bout de bassin et le second en face au droit, le plus souvent, de la charnière de la jupe latérale. Par ailleurs, nous commercialisons aussi le plancher sur crémaillère ainsi que des systèmes avec des vis verticales ou avec des treuils pour suspendre le plancher lorsqu’il n’est pas possible d’avoir une galerie technique autour du bassin pour l’installation de la motorisation. C’est notamment le cas pour les fosses de plongée” décrit le gérant de Technox.

De son côté, la société Variopool propose un système élaboré à l’aide de pièces en acier inoxydable, matériaux composites ou plastiques nobles. “A l’aide de câbles, il est possible de l’abaisser aux profondeurs désirées. Ces câbles résistent à des submersions de longue durée dans l’eau et permettent des charges élevées. De plus, des grilles sont intégrées pour ne pas interrompre la circulation de l’eau. Le système de propulsion, insonore et sans pièces mobiles apparentes, se trouve à l’extérieur du bassin, ce qui exclut le risque de pollution de l’eau par l’huile hydraulique” explique le responsable commercial de Variopool.

Pour faciliter le nettoyage, quel que soit le système, le fond de piscine est équipé de trappes d’accès permettant aux plongeurs et aux robots de nettoyage d’accéder sous le plancher mobile pour des besoins d’entretien réguliers.

Le mur mobile à déplacement horizontal peut être équipé de plots de départ, de lignes de nage, de plaques de touche ou de passerelles de circulation.

Les murs mobiles

Il existe différentes solutions pour installer un mur mobile dans son bassin. Tout d’abord, le mur sur charnières, souvent appelé aileron. “Fonctionnant comme une porte, dont la charnière est posée sur le fond du bassin notre aileron est entièrement construit sur un axe principal qui traverse la paroi du bassin. Un moteur et engrenage situés en galerie technique à côté du bassin font tourner cet axe pour rabattre ou relever la paroi. Le système fonctionne également à sec, ce qui permet de le manœuvrer lors des vidanges pour faciliter le nettoyage et l’entretien de la totalité des surfaces du bassin. D’une épaisseur comprise généralement entre 30 et 35 cm pour réduire son impact sur la profondeur du bassin dans sa zone, il peut être équipé de consoles amovibles permettant la mise en place d’un platelage provisoire lors des compétitions. Il dépasse le niveau d’eau de 30 cm et est suffisamment stable pour absorber les efforts dus aux appuis des nageurs lors de leurs virages” indique Claude Bansard.

Ensuite, la seconde solution est un mur à déplacement horizontal. “Ce type de mur peut être facilement déplacé dans l’eau manuellement, simplement par deux personnes. Si besoin, il est possible d’utiliser deux petits chariots pousseurs motorisés qui facilitent ce déplacement” ajoute Marc Striebel. Une épaisseur de 50 cm à 1 m est préconisée afin qu’elle puisse servir de passerelle entre les deux côtés du bassin.

Ce type de mur mobile peut être équipé de plots de départ, de lignes de nage, de plaques de touche ou de passerelles de circulation.

L’entretien

Bien évidemment, lors du contrôle de l’installation, les constructeurs forment les agents du centre aquatique pour manipuler efficacement le système choisi. Concernant la maintenance, afin d’éviter tout problème, il est important d’anticiper en réalisant des vérifications visuelles fréquentes, et ne pas attendre une panne pour effectuer la réparation. Il faut notamment vérifier les pièces d’usures et nettoyer les éléments en inox. La plupart des gestionnaires souscrivent à un contrat de maintenance afin d’être tranquille, mais aussi pour prolonger la garantie. Il faut compter entre 4 000 et 5 000 euros HT par an.

Même si certains systèmes de plancher ou de mur mobile peuvent être installés dans le cadre d’une rénovation, les demandes sont de plus en plus nombreuses dans le cadre d’une construction : près d’un projet sur trois environ et les constructeurs sont confiants pour les années à venir.

 

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Planchers et mur mobiles : une transformation qui peut s’avérer payante

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