Engagement structurant de la mandature, le plan “Nager à Paris” a permis de créer de nouvelles piscines, de moderniser le parc existant, de développer le savoir-nager et d’offrir de nouveaux services aux usagers. D’un montant sans précédent, il arrive à son terme, 4 ans après son vote. Voici le bilan.

AParis, la piscine est devenue l’un des équipements publics les plus fréquentés et l’un des plus sollicités par les habitants : en 13 ans, une hausse de 46 % des entrées “grand public” a été enregistrée, pour un total de 7 millions d’entrées annuelles et une moyenne annuelle de 190 000 usagers par piscine alors que celles-ci ont été conçues pour en accueillir 120 000. De plus, la Ville compte une cinquantaine d’équipements aquatiques municipaux, dont la moyenne d’âge est de 50 ans. Le secteur aquatique parisien souffrait donc de l’absence d’une approche globale de gestion et de perspectives (investissements, entretien, évolution…) depuis plusieurs années.
Le sujet a été évoqué dès la fin du précédent mandat. Dès lors, un diagnostic technique a été réalisé afin d’établir un état des lieux précis, en même temps que s’ouvrait une large concertation (usagers, scolaires, clubs…) pour identifier les attentes. Le plan nager s’est ainsi concrétisé en 2014” indique Franck Guilluy, chef du réseau des piscines à la Ville de Paris.

Un investissement de 150 millions d’euros
Suite à cette analyse, trois axes majeurs ont été retenus : améliorer le parc d’équipements existants et l’agrandir afin d’atteindre un taux d’équipement de 100 m2 de surface de bassin pour 10 000 habitants ; développer l’apprentissage et l’ensei-gnement de la natation, tout en renforçant le soutien aux clubs structurants ; renforcer le service au public (horaires supplémentaires, meilleure signalétique, mise en place du numérique…).

Ainsi, pour la période 2015-2020, les élus parisiens ont voté un investissement sans précédent de 150 millions d’euros pour ce plan Nager à Paris, répartis de manière presque équitable entre les constructions, les réhabilitations lourdes, ainsi que les rénovations et la maintenance” ajoute Franck Guilluy. A titre de comparaison, de 2001 à 2011, le montant des travaux dans les piscines parisiennes intégrant constructions, réhabilitations, grosses réparations et accessibilité handicapés s’était élevé à 149 millions d’euros. Afin de répondre aux trois priorités établies, une centaine de mesures ont été rédigées. Bien évidemment, ce plan “Nager à Paris” a été décliné dans chacune des piscines, de façon différenciée, selon les spécificités de chacune, selon le choix sportif identifié en amont et en veillant aux équilibres territoriaux.

Les constructions et les réhabilitations lourdes
Afin d’augmenter l’offre aquatique de la Capitale, trois chantiers ont été lancés : la piscine Godard (ouverture le 2 décembre) : elle comprend un bassin sportif de 25 m (6 lignes d’eau) et un bassin ludique (4 lignes d’eau) ; la piscine Elisabeth (ouverture début 2020) : elle disposera d’un bassin de nage de 25 m (8 lignes d’eau) avec un bassin d’apprentissage à vocation ludique de 15 x 10 m ; la piscine Belliard (les travaux vont démarrer) disposera d’un bassin sportif de 25 m (6 lignes d’eau) et d’un bassin d’apprentissage.
En complément, quatre sites de baignade estivale ont été créés dont le bassin de la Villette (baignade gratuite) dans une eau naturelle qui est un véritable succès : près de 230 000 usagers en trois saisons estivales.

Par ailleurs, les rénovations lourdes ont concerné six piscines : Amiraux, Emile Anthoine, Mourlon, St Merri, Blomet, Georges Vallerey. Par exemple, la piscine Emile Anthoine, réouverte en 2018, est désormais équipée de deux bassins en inox, de nouveaux vestiaires (4 vestiaires collectifs, un vestiaire de 24 cabines dont 3 PMR, et 250 casiers individuels) et d’un solarium. Le site a également vu l’arrivée d’un second bassin sportif distinct sous la forme d’un bassin mobile de 25 x 10 m. De plus, la piscine est totalement accessible aux personnes à mobilité réduite, grâce aux rampes et ascenseurs : accueil, solarium et bassin équipé de chaises de mise à l’eau. Parmi les réalisations réussies et appréciées des Parisiens, la transformation du bassin extérieur de la butte aux cailles (13e) en bassin nordique ouvert toute l’année. D’ailleurs l’évolution se poursuit dans cette piscine emblématique de Paris afin de permettre une pratique ouverte au public de 7 h à 23 h, 7 jours sur 7, en distinguant le fonctionnement du bassin couvert du fonctionnement du bassin extérieur.

Les mesures concernant les scolaires et les clubs
Bien évidemment, comme toutes les autres collectivités, la Ville de Paris a accentué ses efforts concernant la natation scolaire avec la mise en œuvre d’actions visant un objectif minimal de 75 % de réussite pour le savoir nager en fin de CM2. Pour cela, elle a notamment rationalisé les attributions de créneaux scolaires afin d’optimiser les coûts en matière de déplacements en car et augmenter la durée effective des séances. Elle a également renforcé le travail partenarial entre la Ville et le Rectorat autour d’une convention qui formalise pour la première fois l’organisation de la natation scolaire à Paris : renfort des professionnels intervenant, accompagnement pédagogique ciblé, remédiation, stages gratuits pendant les vacances. De même, les nouvelles piscines comprennent toutes deux bassins au fonctionnement indépendant afin d’avoir une utilisation simultanée entre les scolaires et le grand public. De plus, des murs mobiles dans les grands bassins de 50 m ont été installés lors des rénovations lourdes pour diversifier les usages et ainsi augmenter le nombre de créneaux pour les scolaires.

En outre, les clubs n’ont pas été oubliés, avec, notamment, des conventions de résidence et des partenariats renforcés avec les principaux clubs de natation afin de mieux accompagner leur projet sportif et animer le territoire d’implantation. De plus, plusieurs créneaux ont été attribués pendant les périodes de vacances (y compris l’été) pour les entraînements et l’accueil de compétitions fédérales.

Une qualité de service public renforcée
Le premier changement notable pour le public est le développement des créneaux publics avec une augmentation de 12 000 heures par an (soit près de 41 minutes par jour et par équipement), avec notamment le double de nocturnes (20-22 h) et la généralisation des ouvertures matinales (à partir de 7 h).

L’accueil était également au cœur des préoccupations. Ainsi, les temps d’attente à l’entrée des piscines ont été diminués grâce à l’installation de caisses automatiques et à la généralisation des contrôles d’accès automatisés avec tripodes. Le règlement intérieur des piscines a également été mis à jour notamment pour mieux réguler les incivilités, encourager de nouvelles pratiques (palmes, masques et plaquettes souples…) et renforcer les prescriptions d’hygiène.

Parmi les autres mesures, il y a la création d’un comité de suivi du plan “Nager à Paris” réunissant clubs, acteurs de la natation scolaire, représentants des nageurs individuels, agents des piscines et mairies d’arrondissement, qui évalue régulièrement la mise en œuvre et la bonne adéquation entre les engagements et les mesures développées.

Plus de 95 % des mesures ont été réalisés (ou sont en cours). Si bien qu’un second plan devrait être mis en place afin de poursuivre cette dynamique, notamment en matière d’entretien du patrimoine, mais aussi d’accompagnement de la transformation numérique ou encore la valorisation et l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Paris : un plan piscine profitable à tous

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