La piscine de la Conterie à Chartres-de-Bretagne (35) s’agrandit, le chantier de 10 mois se terminera fin mai. Il va permettre de proposer un bassin nordique aux usagers, tout en optimisant les espaces du site et en réalisant des économies d’énergie.

La piscine de la Conterie à Chartres de Bretagne est gérée par un syndicat intercommunal à vocation unique regroupant 71 853 habitants répartis sur 12 communes. Construit en 2008, l’établissement comptait jusqu’à présent 625 m2 de plans d’eau (un bassin sportif de 312 m2, un bassin ludique de 250 m2, une pataugeoire de 60 m2 et un bain à remous) une petite salle de fitness et un espace sauna hammam. “Alors que nous réalisons 280 000 entrées par an, il n’y a plus assez de créneaux horaires pour les scolaires ou le grand public. Les demandes sont importantes et les élus ont décidé de répondre aux attentes, certains usagers fréquentant, faute de place, d’autres piscines aux alentours. De plus, au bout d’une dizaine d’années, il était nécessaire de redynamiser notre établissement afin de continuer à développer la fréquentation avec une offre inédite et consolider les recettes pour rester dans un cercle vertueux” argumente Stéphane Chatenet, directeur de la piscine.

La construction d’un bassin nordique
En parallèle du bassin couvert existant, il a été décidé de construire un bassin nordique, en béton banché avec une résine époxy antidérapante, de 25 m par 13 m et d’une profondeur de 1,20 m à
1,50 m, proposant un espace de 5 couloirs de nage supplémentaire ouvert toute l’année. Ces choix sont dictés par les contraintes budgétaires, d’exploitation et de pérennité des matériaux, les volumes disponibles et les capacités énergétiques existantes. Pour surveiller ce nouveau bassin, deux maîtres-nageurs-sauveteurs sont recrutés en plus des 11 actuels. Par ailleurs, concernant l’espace aquatique intérieur existant, les vestiaires collectifs seront rénovés (carrelage, plafond…) et deux nouveaux seront ajoutés pour accueillir 3 classes primaires simultanément.

Deux nouveaux espaces de fitness et de bien-être
L’espace de 360 m2 libéré par la fermeture de la cafétéria en 2017, à l’étage de la piscine, a été utilisé pour aménager une nouvelle salle de fitness. Au sein d’une surface de 300 m2, elle comprend un espace cardio et musculation de 200 m2 avec une trentaine de machines, une salle de pratiques collectives de 100 m2 sur parquet et une salle de convivialité de
28 m2. Ce nouvel ensemble peut accueillir 75 personnes simultanément.
Dans l’espace fitness précédant, les responsables du projet ont décidé de construire un espace bien-être attractif de 165 m2, composés de plusieurs équipements : un bassin avec des jets massants, des douches sensorielles, un hammam, une grotte de sel, une salle de soin, un sauna extérieur. Cet espace pourra recevoir jusqu’à 30 personnes simultanément.

Un nouvel accès
Un couloir d’accès direct, séparé des vestiaires existants, permet au public d’accéder à l’ensemble des nouveaux espaces, sans perturber l’accueil des scolaires. Pour cela, Il est ajouté, en rez-de-chaussée dans les espaces libérés, 4 vestiaires (2 pour les hommes, 2 pour les femmes) équipés chacun de 4 ou 5 cabines individuelles, trois douches collectives et deux douches individuelles, des sèche-cheveux et des casiers individuels.

La gestion énergétique
Le nouveau bassin nordique est équipé de 4 filtres de 2 m de diamètre, alimentés par 4 pompes, logés dans le sous-sol existant. “Comme pour les autres bassins, depuis les travaux réalisés en régie entre 2015 et 2017, il est équipé d’une filtration par sable de verre. Ce changement nous a déjà permis de réduire les pertes de charge, le débit des pompes, la fréquence des lavages de filtres et ainsi la consommation énergétique. De plus, nous avons mis en place un programme automatisé basé sur la fréquentation. Au total, nous sommes passés d’une consommation annuelle de 1 250 000 kWh à 870 000 kWh, soit une économie de 28 000 euros compte tenu des augmentations du coût de l’électricité” précise le directeur de la piscine.

Depuis 2018, l’établissement travaille expérimentalement avec une start-up, Pure control, basée à Cesson-Sévigné, pour optimiser encore davantage ses performances énergétiques. “De nombreux investissements et modifications ont été réalisés depuis quelques temps, cependant nous sommes arrivés aux limites humaines de l’optimisation” souligne Stéphane Chantenet. L’entreprise associe un système de pilotage innovant à des algorithmes d’intelligence artificielle pour analyser le fonctionnement de la structure (750 données récupérées en continu) et prédire les besoins pour offrir la meilleure réponse technique en termes d’efficacité et de confort. Du côté du fonctionnement, le pilotage des vannes de régulation se fait automatiquement, mais le gestionnaire est libre de reprendre la main quand il le souhaite. Les objectifs sont multiples : optimiser le fonctionnement des équipements, économiser 10 000 euros/an supplémentaires concernant l’énergie (l’entreprise se rémunère selon le pourcentage d’économies réalisées), prédire les usages et détecter de manière précoce les dérives de fonctionnement. De plus, de futurs développements conjoints sont en cours pour aller encore plus loin dans l’optimisation, notamment concernant la réduction de la consommation de produit chimique, tout en restant dans le cadre réglementaire. Ce travail collaboratif permet de répondre aux besoins de la collectivité, de satisfaire les usagers, tout en limitant le budget de fonctionnement.

Une tarification à base de points
Afin de répartir la fréquentation des différents espaces tout au long de la journée et offrir des tarifs plus attractifs, il a été décidé de mettre en place, à l’ouverture des nouvelles structures, une tarification à base de points, comme l’explique Stéphane Chatenet : “Le point a été calculé à 50 centimes pour les habitants du Syndicat et à 60 centimes pour les autres. Les usagers peuvent acheter des cartes de 50 ou 100 points. La valeur de l’entrée diffère selon la période de la journée. Par exemple, pour l’espace aquatique, les habitants du territoire seront débités de 7 points le matin ou l’après-midi, 9 entre 12 h et 14 h, 10 en fin d’après-midi et 6 à partir de 19 h. Pour le bien-être, durant la semaine, ils déboursent 18 points le matin, 23 entre 12 et 14 h, 25 entre 17 h 30 et 19 h et 16 après 19 h. Pour les personnes n’ayant pas de carte, le prix de l’entrée bien être est fixé à 16 euros”.

Pour couvrir les nouvelles dépenses et les charges, l’établissement va devoir accueillir 7 % d’usagers supplémentaires, soit entre 65 et 70 personnes/jour. Un objectif tout à fait réalisable pour le directeur. Il se projette même sur les éventuelles futures évolutions pour le prochain mandat : la modernisation des vestiaires publics et la construction de jeux aquatiques pour enfants.

Optimiser son espace et ses performances énergétiques

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