Le Plan d’Organisation de la Surveillance et des Secours (POSS) fait partie des documents indispensables pour optimiser le fonctionnement d’un centre aquatique, notamment la sécurité. Il est primordial de le faire appliquer dans un réel souci de prise en compte de la prévention et des secours.

Comme indiqué dans l’article D.322-16 du Code du Sport, le Plan d’Organisation de la Surveillance et des Secours est obligatoire dans les établissements de baignade d’accès public et payant.

Quels objectifs ?
Le POSS regroupe, pour un même établissement, l’ensemble des mesures de prévention des accidents liés aux activités aquatiques, de baignades et de natation et de planification des secours. Il a pour objectif :
• de prévenir les accidents liés aux dites activités par une surveillance adaptée aux caractéristiques de l’établissement
• de préciser les procédures d’alarme à l’intérieur de l’établissement et les procédures d’alerte des services de secours extérieurs ;
• de préciser les mesures d’urgence définies par l’exploitant en cas de sinistre ou d’accident.

De plus, dans la mesure où ce document est la base de toute étude de cas lors d’un accident, les exploitants ont tout intérêt à le faire appliquer très précisément dans un réel souci de prise en compte de la prévention et des secours. “Le POSS est rédigé avant l’ouverture d’un établissement. Le préfet, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) sont les autorités compétentes pour valider le POSS et le faire exécuter. Dans la pratique, c’est la DDCS qui demande aux établissements concernés de leur faire parvenir ce document.
Par la suite, il doit être affiché à l’entrée du centre aquatique
” indique Christian Lemaitre, responsable des centres aquatiques de la communauté d’agglomération Caux Vallée de Seine.

Quel contenu ?
Le POSS est un document de plusieurs pages (entre 10 et 30 selon la taille du centre aquatique) composé de plusieurs parties. Tout d’abord, il y a la description des différentes zones de l’établissement avec leurs espaces respectifs : l’accueil du public et des groupes, les vestiaires individuels et collectifs, les bassins (avec leur dimensions), l’éventuel espace bien-être, les lieux de stockage… Ensuite, sont répertoriées les informations concernant les moyens de secours : l’emplacement des espaces de surveillance, le détail du matériel de sauvetage (bouées, tube, perches…) et celui de secours (l’infirmerie et les matériels présents), l’identification des moyens de communication (emplacement du téléphone, micro, talkie-walkie, alarmes…) ou encore les plans montrant les différents emplacements de ces équipements.
Par ailleurs, le document contient le fonctionnement général de l’établissement (horaires et jours d’ouvertures au public, FMI…) et l’organisation de la surveillance et de la sécurité selon les publics accueillis (scolaires, associations…) : le nombre de personnes, leur fonction, leur emplacement, la rotation de la surveillance, mais aussi l’organisation interne en cas
d’accident (le personnel désigné pour l’évacuation de la baignade, l’appel des premiers secours…).
Le POSS doit prévoir tous les scénarios, tant au niveau gestion que sécuritaire. Par exemple, il doit tenir compte des périodes d’affluence ou non, des publics variés (scolaires, public, clubs, activités diverses), des horaires d’ouverture au public, et des autres horaires (soirées par exemple). De même, il doit mentionner les différents scénarios de surveillance et selon le nombre de personnes présentes et leur fonction (l’organisation peut être différentes si ce ne sont que des maîtres-nageurs ou s’il y a des BNSSA)” ajoute Christian Lemaitre.

Qui le rédige ?
D’une manière générale, pour une rédaction efficace du POSS, il convient de répondre à des questions simples de manière méthodique. Par exemple : comment organiser une surveillance continue ? Quels types d’interventions sont à prendre en compte ? Généralement, les responsables d’établissement sollicitent leurs agents pour les aider à rédiger ce document.
C’est un vrai travail d’équipe : chacun apporte ses idées en fonction de son poste. Par exemple, les maîtres-nageurs en bord de bassin sont les plus compétents pour décrire efficacement la partie secours, tout comme le sont les agents d’accueil pour la gestion des évacuations. Avant d’être affiché, chaque agent doit le signer afin de confirmer sa bonne prise en compte. De même, lors de chaque embauche (permanent comme saisonnier), le nouvel employé doit le lire et le signer. “Bien évidemment, en le signant, chacun confirme en avoir pris connaissance et l’avoir assimilé. Afin de faire des piqures de rappel et être réactif en cas d’incidents, nous affichons le document, avec les différents scénarios possibles, dans le local des maîtres-nageurs. C’est également le cas pour celui des agents techniques pour les aspects les concernant, comme lorsqu’il y a des fuites de chlore par exemple” décrit Thierry Goetz, responsable du centre nautique de la Communauté des communes du Canton d’Erstein.

Peut-il évoluer ?
Etant donné la précision des informations inscrites dans le POSS, il est indispensable de le modifier, selon les évolutions du centre aquatique. “Par exemple, cela peut simplement concerner les annexes avec des modifications de planning liées aux rythmes scolaires.
Parfois, c’est dû à un changement dans le règlement intérieur : nous l’avons modifié lorsque l’accueil des enfants non accompagnés s’est fait à partir de 10 ans, au lieu de 8 ans, ou lors d’un changement de la législation. Nous pouvons également faire évoluer le POSS suite à un incident qui n’était pas forcément répertorié, avec des précisions concernant le matériel ou les zones de surveillance. Quelque fois, il est même nécessaire d’enlever certaines précisions dans les scénarios répertoriés afin de ne pas être trop rigide” précise Thierry Goetz. Au sein de la Communauté d’agglomération Caux Vallée de Seine, le POSS a été modifié suite à la mise en place d’un système de détection des noyades ou un système de déclanchement automatique des secours. “Même sans véritable changement, il est toujours intéressant de le mettre à jour tous les 4 ou 5 ans environ. Ce renouvellement permet d’avoir des discussions avec les agents, tout en continuant d’améliorer notre fonctionnement grâce aux retours d’expérience sur certaines situations” conclut Christian Lemaitre.

Le POSS : un document incontournable !

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