Ces dernières années, les centres aquatiques jouent un rôle majeur dans l’attractivité d’une ville, voire d’un territoire. Ils ouvrent notamment de nouvelles perspectives de développement pour attirer d’autres usagers, venant de plus en plus loin. Focus sur la stratégie de Grand Chambéry.

Alors qu’elle compte environ 135 000 habitants, Grand Chambéry ne disposait, jusqu’à présent, que de 900 m2 de plan d’eau couvert au sein d’un établissement d’une quarantaine d’années : la piscine de Buisson Rond. La collectivité était donc largement sous-dotée pour répondre aux besoins actuels et futurs. Ainsi, les élus ont décidé de construire un centre aquatique supplémentaire avec 900 m2 de plan d’eau couvert : un bassin de 25 m x 21 m aux normes fédérales pour accueillir des compétitions, un bassin d’apprentissage de 150 m2, un bassin ludique de 250 m2 avec des buses, jets d’eau ou encore cols de cygne et une pataugeoire d’environ 70 m2. La structure sera complétée par un espace bien-être d’environ 200 m2 avec sauna, hammam, jacuzzi et un espace de relaxation. L’espace extérieur, quant à lui, sera composé de trois lignes d’eau de 50 m intégrées dans un bassin de bien-être d’environ 900 m², d’une plage aqualudique d’environ 200 m2 et d’un pentagliss. Le coût des travaux est de 15,5 millions d’euros HT.

Répondre aux besoins locaux…
Le futur équipement va permettre de répondre à diverses attentes, comme l’explique Gilles Glad, directeur adjoint en charge des équipements de Grand Chambéry : “Tout d’abord, ce nouveau centre aquatique va aider le club de natation, qui compte environ 800 adhérents, à continuer son développement. En effet, jusqu’à présent, il devait refuser de nouveaux licenciés. Ensuite, dans le cadre de l’apprentissage de la natation, nous allons pouvoir améliorer l’accueil des scolaires. Actuellement, entre 7 000 et 8 000 enfants, du CP au CM2, viennent nager durant un cycle tous les deux ans. L’objectif est d’accueillir les 15 000 enfants du territoire durant un cycle par an. Enfin, concernant le grand public, nous allons proposer une offre plus attractive et ainsi palier les manques de la piscine Buisson Rond : avec le manque de bassins, nous étions limités et frustrés de ne pas pouvoir proposer plus de diversité d’activités même si, selon les périodes, nous arrivons à créer 6 zones dans le grand bassin pour des usages différents”.

…tout en développant une nouvelle offre touristique
Le Grand Chambéry va pouvoir profiter de ce nouvel établissement pour mettre en place une nouvelle stratégie pour attirer d’autres cibles de clientèle au centre aquatique. Par exemple, le centre aquatique sera un complément idéal pour les deux stations de moyenne montagne (les Aillons-Margériaz et Savoie Grand Revard) situées au sein de l’agglomération. “Nous avons déjà un partenariat avec l’une d’entre elle :
les personnes possédant un forfait de ski bénéficient d’un prix réduit pour l’entrée à la piscine ou à la patinoire, en complément ou substitution des activités de ski. Nous allons faire de même avec la seconde station qui a rejoint dernièrement notre collectivité, suite au regroupement lié à la loi NOTRe. C’est d’autant plus important que ces deux stations ne disposent pas de piscines alors que c’est une activité très complémentaire au ski. Ainsi, tout le monde est gagnant, puisque cette offre nous permet d’attirer ces touristes en ville à Chambéry. A l’image de nombreux autres établissements dans d’autres régions, le centre aquatique devra être appréhendé comme un lieu totem, représentatif de notre territoire. Nous allons devoir construire une réelle offre avec l’office de tourisme. C’est une démarche très intéressante, toutefois nous pouvons la mettre en place uniquement lorsque nous possédons des équipements bien structurés. Auparavant, nous étions uniquement concentrés sur les besoins locaux
” argumente Gilles Glad.

Les autres publics visés
Outre les touristes présents sur le territoire, l’objectif est de capter d’autres publics moins captifs. C’est notamment le cas des clubs souhaitant effectuer des stages de natation. Jusqu’à présent, la collectivité ne pouvait pas répondre aux demandes, qui avaient notamment lieu lors des vacances d’hiver et de printemps. Une activité qui est rémunératrice puisque une ligne d’eau est louée entre 20 et 30 euros de l’heure. De plus, ces stages engendrent également diverses autres dépenses sur le territoire : hébergement, restauration, visites de site…

Par ailleurs, Grand Chambéry vise également le sport en entreprise qui est en plein développement avec l’objectif de mettre en place des partenariats avec diverses sociétés : soit par l’intermédiaire de créneaux dédiés ou des abonnements à prix réduit. Enfin, plusieurs professionnels de santé pourraient être intéressés pour amener des patients dans le cadre de leur traitement médical. Une solution intéressante afin d’optimiser certains créneaux de la journée où la fréquentation est plus faible. “En plus de répondre aux objectifs sociaux, nous sommes dans l’obligation de développer un segment davantage commercial, ce qui n’est pas contradictoire avec les notions de service public, et devient même obligatoire pour conserver des ratio financiers d’exploitation acceptables” ajoute Gilles Glad. “Le rôle plurifonctionnel d’une collectivité urbaine comme Grand Chambéry devrait continuer à se développer dans les années à venir. En effet, l’évolution géographique des territoires devrait encore entraîner des rapprochements entre EPCI avec à la clé des transferts de nouvelles compétences et donc de nouvelles stratégies à mettre en place. Les changements climatiques influenceront également le comportement de nos clients et modifierons aussi nos modes d’exploitation. Un équipement aquatique est très ouvert sur la société et il doit évoluer en fonction de celle-ci” conclut le directeur adjoint en charge des équipements.

Le centre aquatique : un équipement au service d’un territoire

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