Associer terroir et modernité pour un équipement résolument innovant, tel est le leitmotiv de A26 Architectures pour la conception du centre aqualudique de l’Epervière de Valence (26). Une réalisation emblématique pour l’agence et la collectivité.

Le projet de ce centre aqualudique est conçu sous sa dimension architecturale par A.26 Architectures en partenariat avec Spie batignolles Espaceo, Spie batignolles Sud-Est, et CET Ingénierie Etamine. Ce projet fait l’objet d’un processus BIM depuis le début des études de la part des différents intervenants.

Une double identité : terroir et modernité
Sur le site, allongé entre fleuve et autoroute, le bâti vient s’étendre comme si le lieu l’avait créé ; comme s’il était la transformation du sol, une simple métamorphose. “Notre ambition était de révéler l’identité de Valence terre d’accueil, sans chercher à dominer la nature mais au contraire de la suivre. Le site se trouve entre deux courants, le Rhône et l’autoroute, et nous voulions vraiment que l’équipement soit en harmonie avec le sol et non posé simplement comme un objet. De plus, l’identité du projet est très marquée avec d’un côté le terroir, illustré par les cavités rocheuses (rappel des sports de plein air dans la région), l’importance des espaces paysagers et du végétal (proximité avec le Vercors) et de l’autre la modernité grâce aux nouvelles pratiques aquatiques, aux choix techniques…” explique Eléonore Duval, directrice de l’agence A.26 de Rouen.

Un site divisé en trois entités
Sur toute la longueur du site, trois entités vont se compléter. Premièrement, le corps protecteur venant chercher les étendues de stationnement au nord et faisant front le long de l’autoroute, qu’elle accompagne à l’est. Deuxièmement, le corps protégé lui, prend naissance au sud de la parcelle, dans le milieu aquatique du lit de l’Epervière et du port de plaisance. Par son origine aquatique, il abritera les espaces de l’eau, en belvédère sur le Rhône et avec vue sur le château de Crussol. Poreuse, sa façade vitrée à l’ouest laisse entrer lumière et paysage tout le long du parc et du fleuve. “Enfin, entre ces deux corps, nous avons créé une ‘faille’, une ‘gorge’ : comme une rivière, elle parcourt le projet et le site du nord au sud, il faut la traverser pour passer d’un corps à un autre. Ainsi, le programme prend place dans une organisation claire et fluide : les espaces majeurs et servis, ouverts vers le paysage à l’ouest, côté fleuve et les espaces servants et techniques, en frontalité côté autoroute” ajoute l’architecte. Tout le parcours se développe le long de l’axe de la “faille” : elle est la colonne vertébrale du projet, les espaces du projet s’organisent de part et d’autre.

Les différents bassins
Avec Espaceo, nous avons travaillé ensemble à partir du programme de base souhaité par la collectivité. L’objectif était de trouver des espaces complémentaires à l’offre déjà existante sur le territoire, tout en proposant un programme polyvalent touchant l’ensemble des publics” précise Eléonore Duval.

Une grande halle regroupera toutes les activités aquatiques… en un seul bassin de 364 m2. Il disposera de trois lignes de nage de 25 m étendues le long de la façade longeant le parc de l’Épervière et le Rhône. Les activités loisirs et ludiques moins profondes seront côté accès halle et plages, proches des accès pédiluves et accès toboggans. La zone ludique sera dessinée en paliers descendants qui s’élargiront généreusement pour proposer de réelles strates exploitables avec des profondeurs différentes : ainsi un pallier à -51 cm et un à -102 cm permettront d’installer des activités attractives adaptées à chaque public (hérisson, plaque à bulles, geyser, jets et col de cygne). L’offre familiale sera complétée par une pataugeoire de 60 m2, située juste à côté.

A l’extérieur, l’établissement comptera un bassin polyvalent nordique avec, à l’image du bassin intérieur, trois lignes de nage de 25 m et un espace de jeux et d’activités à profondeurs diverses et adaptées à tous les publics. Un sas d’accès permettra de faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur. En outre, un splashpad extérieur prolongera l’espace petite enfance intérieur.

Cinq toboggans, un simulateur de glisse et un espace bien-être
L’offre “parc aquatique” sera connectée à la halle bassin sur sa face est : elle proposera deux toboggans à l’année, complétés par trois activités extérieures en été. Les deux premiers mesureront 49 et 74 mètres de long : les parcours se développeront à l’extérieur de la halle, avec des tubes fermés, ponctuellement transparents, la glisse sera à la fois intérieure et extérieure. En été, l’offre sera complétée par un toboggan “rivière” de 64 m de long, un pentagliss (4 pistes) de 34 m de long et un toboggan “chute libre” d’une hauteur de 17 m et d’une longueur de 52 m.

Par ailleurs, Espaceo a souhaité investir, avec le soutien de la collectivité, dans un simulateur de glisse de 193 m2. Cette activité sera accessible depuis les vestiaires de l’espace forme mais il sera aussi relié par une galerie à l’espace aquatique. Un contrôle d’accès à l’entrée du simulateur gèrera les flux entre utilisateur ou spectateur payant qui pourra regarder depuis la coursive longeant le vitrage du snack.

Enfin, l’espace bien-être complètera l’ensemble. Il sera composé de deux zones : le fitness-cardio sur 221 m2 et la balnéothérapie sur 495 m2. Celle-ci disposera d’un bassin de 153 m2 avec un parcours intérieur-extérieur et différentes salles accueillant sauna, hammam, douches sensorielles, douches massantes, salle de détente, tisanerie…

La démarche environnementale
Le groupement de sociétés a cherché à avoir une conception globale du “cycle de l’eau”, en mettant cet élément au cœur du projet tout en maîtrisant sa consommation et l’impact sur l’environnement. “Un des points forts du projet est que nous proposons d’alimenter le bâtiment en eau en puisant sur la nappe. L’eau sera ensuite filtrée et ‘potabilisée’ par des lampes UV pour pouvoir être injectée ensuite dans les bassins. Afin de ne pas perturber le milieu naturel, l’eau après usage est filtrée et déchlorée pour pouvoir être rejetée au ruisseau de l’Epervière sans aucun risque. Ce choix participe également à l’atteinte d’un équilibre économique en exploitation en diminuant le coût de l’eau“ indique Eléonore Duval.

Le second volet de la démarche pour minimiser l’impact du bâtiment sur son environnement est de récupérer au maximum les calories avant leur rejet. Deux systèmes seront mis en œuvre pour atteindre cet objectif :

– la récupération sur l’air : toutes les centrales de traitement d’air seront équipées d’échangeurs de chaleur sur l’air extrait pour une efficacité supérieure 60 % ;

– la récupération sur l’eau de renouvellement des bassins : l’eau des bassins sera renouvelée en fonction de l’occupation. Les calories seront récupérées par un échangeur statique qui préchauffera l’eau neuve entrante.

De manière générale, les consommations énergétiques ont été calculées, dès le stade de l’offre, par une méthode de simulation thermique dynamique, modélisant l’ensemble de l’équipement et de ces systèmes tout au long de l’année selon les données météorologiques de Valence. L’objectif étant de fiabiliser autant que possible les engagements de performance énergétique tout en respectant les consommations fixées dans le programme : moins de 1 400 kWh/m2 de plan d’eau pour les consommations électriques, moins de 2 000 kWh/m2 de plan d’eau pour les consommations de chauffage et moins de 60 L/jour/baigneur pour les consommations d’eau.

Débutés l’été dernier, les travaux devraient être terminés à la fin de l’année 2019.

Le centre aquatique répond aux critères du label tourisme et handicap
L’établissement est entièrement accessible aux personnes en situation de handicap grâce à plusieurs équipements :
les lignes guides et marquages contrastés les guideront à l’extérieur et à l’intérieur, dans l’ensemble de l’établissement ;
un chenil avec deux boxes sera mis à la disposition des malvoyants dans la zone accueil ;
les lieux d’accueil seront équipés de boucles magnétiques pour les malentendants ;
des plans en braille seront répartis dans l’établissement ;
des cabines et casiers adaptés, ainsi que des systèmes de mises à l’eau seront mis à disposition des personnes à mobilité réduite ;
le bassin simulateur de surf est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Centre aqualudique de Valence : une architecture charismatique

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