A l’image de nombreux territoires, Bordeaux Métropole souhaite rattraper son retard en termes d’équipements aquatiques. Une quinzaine de projets vont voir le jour d’ici 2022, dont les premiers avant la fin de cette année.

Au sein de son territoire (environ 750 000 habitants répartis sur 20 communes), Bordeaux Métropole compte 20 piscines, plus ou moins récentes selon les cas, ce qui représente un bassin pour 28 000 habitants. Selon le mode de calcul retenu par la Fédération Française de Natation, la collectivité dispose d’un ratio de 0,013 m2 de bassin/habitant alors que le chiffre minimal préconisé est de 0,017 m2/bassin afin de répondre aux besoins de base : les écoles, les clubs et le grand public.
Ainsi, en 2016, il a été décidé de missionner un assistant à maîtrise d’ouvrage afin de réaliser un bilan des équipements existants et les perspectives d’évolution afin d’améliorer la situation” explique Agnès Versepuy, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des équipements métropolitains. L’objectif est d’atteindre 0,020 m2 de bassin/habitant.

Un fonds de 20 millions d’euros
Le plan piscines a été acté en 2017, avec la création d’un fonds de soutien de 20 millions d’euros pour aider à la construction et à la rénovation de piscines. De plus, il a été proposé que l’aide de Bordeaux Métropole ne dépasse pas de 25 % de l’investissement prévu, avec un plafond fixé à 2,5 millions d’euros par opération et par commune. Les équipements devront permettre l’organisation d’activités visant à l’apprentissage de la natation et/ou l’organisation des différentes disciplines de natation (natation sportive, natation synchronisée, plongeon ou water-polo) et/ou la plongée. Les dépenses prises en compte dans le montant subventionnable à hauteur de 25 % correspondent aux travaux réalisés pour les espaces suivants :
– les espaces d’accueil : accueil, SAS d’accès, hall de distribution, d’attente, d’informations…, bornes d’accueil, consignes, annexes du public, sanitaires publics, déambulatoires et gradins ;
– les espaces aquatiques : bassins, plages, annexes baigneurs, coin beauté/déchaussage, vestiaires individuels (cabines, casiers, coin bébés, douches, sanitaires), vestiaires collectifs ;
– les annexes de service/locaux du personnel : locaux d’exploitation, vestiaires personnels, office, local des MNS (maîtres nageurs sauveteurs), infirmerie, bureaux administratifs (piscine), local archive/coffre, locaux de rangement, locaux de stockage/dépôts pédagogiques, locaux associatifs, salle de réunion, bureaux associations (uniquement pour les clubs fréquentant la piscine) ;
– les locaux techniques : chaufferie, local produits, ateliers, local ventilation et traitement d’eau, galeries techniques ;
– les aménagements extérieurs : solarium, parvis, cours et voies de service, dépose de bus, parking du personnel, des PMR et des 2 roues.

Une quinzaine de projets en cours
Après une phase de concertation avec les collectivités du territoire, une quinzaine de projets a été identifié : 5 constructions (Eysines/Le Haillan, Ambarès, Mérignac, Blanquefort/Parempuyre et Bruges) et 9 rénovations/reconstructions (Ambès, Talence, Bassens, Floirac, Villenave d’Ornon, Pessac, les piscines Stéhélin et Galin à Bordeaux, Cenon et Le Bouscat. “Ces deux derniers projets sont en phase d’études et les travaux auront lieu sur le mandat prochain. Les plus avancés sont Eysines/Le Haillan et Ambarès et Lagrave puisque ces établissements ouvriront avant la fin de l’année. Pour les autres, un calendrier a été établi jusqu’en 2022. Au total, ces travaux représentent un investissement d’environ 100 millions d’euros pour les collectivités de notre territoire” ajoute Agnès Versepuy. Par ailleurs, Bordeaux Métropole souhaite pérenniser la mission du groupe de travail intercommunal engagé en 2018 afin de travailler sur une vision à plus long terme concernant les structures aquatiques.

Une cohérence territoriale mais sans transfert de compétence
Le second objectif de ce plan piscines est de garantir un maillage cohérent sur le territoire, offrant une accessibilité aisée pour l’ensemble des habitants de la métropole, avec une piscine à moins de 10 minutes pour chacun. Agnès Versepuy milite pour mettre en place une synergie entre les communes. “Aujourd’hui, chaque commune ne peut pas construire sa propre piscine. Il est indispensable de travailler ensemble afin de diminuer les coûts d’investissements et de fonctionnements. Par exemple, la commune de Taillan-Médoc dont je suis le maire, s’est rapprochée de Blanquefort et Parempuyre afin de proposer de participer à l’investissement en échange de créneaux horaires pour les scolaires et les clubs”.

Par ailleurs, si la Métropole impulse une dynamique concernant les équipements aquatiques, le transfert de compétence en termes de fonctionnement n’est pas encore à l’ordre du jour. En effet, les grandes métropoles ont chacune un taux d’augmentation à ne pas dépasser concernant leurs dépenses afin de ne pas être pénalisées par l’Etat. Pour Bordeaux Métropole, il est de 1,35 % par an, il n’est donc pas possible d’intégrer la gestion des piscines du territoire dans ce contexte. Chaque commune reste donc gestionnaire de son équipement.

Combler son retard en termes de piscines : l’exemple de Bordeaux Métropole

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